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Concernant le désastreux blocage de la vie politique en Centrafrique
Publié le vendredi 22 aout 2014  |  Centrafrique Libre
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DECLARATION N° 008/CGCF/14

La Coordination Générale des Centrafricains de France avait pris position pour la tenue d’un Dialogue National Inclusif à BANGUI et non d’un Forum inter-centrafricain à BRAZZAVILLE, par pure clairvoyance politique.

Pour le simple fait de n’avoir pas participé à ces assises, ses membres qui proposaient pourtant des solutions d’une paix durable sont qualifiés prématurément, méchamment d’ennemis de la paix », ceci avec un grotesque esprit de division, de haine politique et de rejet.

La Coordination Générale des Centrafricains de France, certains partis politiques et la Société civile centrafricaine avaient estimé que seul un Dialogue inclusif à Bangui retransmis en direct pour l’information de la population et surtout avec un effet pédagogique, pourrait aider valablement à désamorcer cette crise. Malheureusement sa proposition avait été rejetée.

Aujourd’hui et encore une fois de plus, les faits lui donnent raison.

En effet, la situation sécuritaire de la République Centrafricaine s’est non seulement très rapidement et très fortement dégradée après le forum de BRAZZAVILLE, mais s’y ajoute surtout un blocage institutionnel.

Il convient de noter que les conditions dans lesquelles l’accord de cessez-le feu a été signé à l’issue du Forum de Brazzaville ainsi que le texte de l’accord lui-même ont créé très rapidement plus de problèmes que de solutions à la crise, à travers ce qui suit:

AU NIVEAU DES REBELLES

– le rejet immédiat de l’accord par la branche armée de SELEKA;



– la suspension du représentant de SELEKA ayant signé l’accord par sa hiérarchie;



– les attaques de BATANGAFO ayant fait plus de 34 morts;



– le violent accrochage entre SANGARIS et SELEKA à BATANGAFO ayant fait plus de 60 morts;



– les tueries de plus de 40 personnes à MBRES, encore en cours;



– les tueries quotidiennes, braquages dans la capitale;



– les affrontements entre ANTIBALAKA à BANGUI dans le 4è arrondissement ayant fait des morts pour la prime de BRAZZAVILLE qui ne serait pas partagée;



– les récents affrontements en cours entre EUFOR et un groupe armé au KM5, ayant fait des morts etc.

AU NIVEAU DES INSTITUTIONS DE LA TRANSITION

– Alors que l’accord ne mentionne nulle part l’obligation de nommer en urgence un Premier Ministre de confession musulmane après sa signature, la Présidente s’est obstinée à le faire, en désignant un proche , ce qui génère aujourd’hui une crise.



– Dans sa dernière déclaration, la Coordination Générale des Centrafricains de France a pourtant attiré à plusieurs reprises l’attention de la Présidente de Transition à la fois sur la période ultrasensible que le pays traverse et sur la nécessité d’attendre la fin de la tenue d’un Dialogue National Inclusif prévu en Centrafrique pour changer de Premier Ministre, ce qui aurait évité la crise en cours;



– Non seulement le choix fait par la Présidente de Transition ne fait pas l’unanimité, mais celle-ci multiplie des maladresses politiques dont les conséquences peuvent être désastreuses sur la vie du pays, déjà à l’agonie;



– Le départ clandestin d’un groupe de personnes à BRAZZAVILLE est totalement condamnable, car mettant au grand jour les anciennes pratiques sournoises et néfastes, les volte-faces souterraines qui ont toujours ruiné la dignité, la crédibilité du pays et de ses acteurs politiques  ;



– Le Conseil National de Transition ne joue pas son rôle officiel de Parlement face à une situation de blocage, mais fait des déclarations à l’Étranger à travers son Président etc.

CONSTAT DE L’IMPASSE

Depuis deux semaines, le blocage institutionnel montre que des intérêts personnels se cachent mal derrière des déclarations ou justifications officielles, au détriment de celui de la population complètement oubliée, de surcroît dans la crise la plus inhumaine, la plus affreuse que le pays connaît depuis son existence.

La Présidente se retrouve seule contre tous à cause du choix du Premier Ministre qui ne rencontre pas l’agrément du groupe SELEKA, des partis politique de l’ancienne opposition, de la société civile et même de la communauté internationale.

Le Président du Conseil National de Transition à qui la Charte constitutionnelle n’a donné aucun moyen juridique contre un Premier Ministre pendant la Transition (Art 74) ni contre la Présidente de Transition (Art 75), fait des déclarations à partir de l’extérieur en direction de l’Exécutif, lui demandant de surseoir à la mise en place d’un nouveau gouvernement. Ces propos ont naturellement fait braquer l’Exécutif à travers des marches avec des slogans insinuant ou dénonçant un coup d’État qui serait en cours.

Bref tout cela envenime les rapports déjà sournoisement difficiles entre les deux principales institutions de la transition, chacune d’elles voyant uniquement son intérêt à travers cette nouvelle crise.

PROPOSITIONS DE SOLUTION URGENTE

Au lieu que la Présidente de Transition multiplie les déplacements à l’extérieur pour avoir la solution à cette crise, la Coordination Générale des Centrafricains de France propose ce qui suit:

1° Convoquer très rapidement les différentes sensibilités dans le cadre d’une concertation en vue de recueillir des avis et rechercher un compromis politique afin de préserver les institutions;

2° Convoquer dans un délai raisonnable un Dialogue National Inclusif (initialement prévu après le forum de BRAZZAVILLE).

Ce Dialogue devrait commencer par réviser la Charte constitutionnelle inadaptée aux circonstances actuelles, car contenant des dispositions anachroniques , personnalisées en leur temps et qui font bloquer les institutions en cas de crise comme celle en cours.

En voici quelques exemples :

1) L’art 29 prévoit que le Chef de l’État de Transition entérine la désignation du Premier Ministre.

Or entérinement ne signifie pas désignation;

2) L’art 74 n’accorde pas la possibilité d’une motion de confiance, de censure au Conseil National de Transition contre le Premier Ministre;

3) Art 75 Idem en ce qui concerne le Chef de l’État de Transition; 4) Art 36: le Premier Ministre ne peut en réalité être relevé ni par le Chef de l’État, ni par le Conseil National de Transition.

Ces dispositions sont en fait une source réelle de blocage institutionnel au cas où des manquements graves venaient à être constatés dans le fonctionnement de l’une des principales institutions qui gèrent la transition sans possibilité de déblocage à travers la charte constitutionnelle, celle-ci n’ayant pars prévu un mécanisme approprié.

C’est précisément le cas en ce qui concerne la présente crise.

La réussite d’une transition apaisée dans la grave crise que traverse la République Centrafricaine dépendra non seulement de la conséquence à tirer de tous les échecs des solutions approximatives retenues jusqu’ici, mais aussi de la correction des carences quelque peu délibérées, maintenues curieusement dans la charte constitutionnelle, à l’exemple de celles citées ci-dessus.

Fait à Paris le 22 août 2014

Pour la Coordination Générale des Centrafricains de France,

Le Président,



Emmanuel Olivier GABIRAULT
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