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"La situation en Centrafrique est dramatique,... ", Tahéruka Shabazz du PRP
Publié le samedi 23 aout 2014  |  pressafrik
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Tahéruka Shabazz est un universitaire diplômé en physique en France. En 2011, il décide de déposer ses bagages e Afrique plus précisément au Sénégal. Il y fonde avec son épouse une société agricole. Après 10 années de militantisme pour la cause panafricaine, M. Shabazz se voit confié les rênes du Parti du Renouveau Panafricain (PRP) qui, né sous l'impulsion de jeunes Centrafricains, vise la conquête du pouvoir par la voie du suffrage. Entrepreneur doublé d'une casquette d'écrivain, il a son actif quatre livres. Tahéruka Shabazz qui voit grand car son ambition est de changer la mentalité et la donne politique dans son pays, la Centrafrique, s'ouvre à Pressafrik.com. Ce, pour plaider la cause de son pays fortement malmenée par les conflits armés, le paludisme, les critères ethniques ou religieux,...Entretien.



Comme vous le voyez, nous sommes dans une lecture qui s'inscrit dans la lignée des pères fondateurs du panafricanisme. Nous avons constaté que cette lancée a été abandonnée au fur à mesure que le temps passait pour être remplacée par des idéologies importées comme le socialisme, le libéralisme. Toutes ces idéologies n'ont pas produit ce que promettaient les hommes politiques. En revanche, ce que personne ne peut contester, c'est que le panafricanisme a conduit aux indépendances. Donc le panafricanisme a produit des résultats et nous considérons aujourd'hui qu'il faut retourner à ses principes. L'Afrique a trop importé sur le plan alimentaire, intellectuel, spirituel et culturel. Donc il est temps, d'avancer sur les bases de la pensée de gens comme Kwame Nkrumah de Thomas Sankara, etc.


En ce qui concerne l'instabilité politique en RCA, en tant que chef de parti sur quels points comptez-vous insister pour le retour au calme ?


Il y a plusieurs raisons pour expliquer l'instabilité politique. Si on s'attarde un peu sur le coup d'état, on peut dire que les politiques ne sont pas suffisamment formées en termes d'intelligence politique. Le cycle des présidents Centrafricain est une succession de civils et de militaire au pouvoir. DAKO, un civil ; BOCASSA militaire ; Bozizé militaire. C'est une marque d'instabilité qui se manifeste au grand jour avec la prise du pouvoir par la SELEKA dont Michel Djotadja était le chef. Les personnalités politiques sont instrumentalisées par la France qui est maîtresse du jeu centrafricain. Elles ne font qu'appliquer un scripte déjà mis en place par Paris. L'actualité centrafricaine est assez dramatique. Depuis le 23 mars, il y a un grand changement à la tête de l'Etat de façon brusque suite à un coup d'Etat préparé par des rebellions. Et à l'heure actuelle, je pense que la priorité, c'est de ramener la paix. C'est là que le Parti du Renouveau Panafricain (PRP) a une vision. Centrafrique est un pays extrêmement riche en matière premier, mais ce n'est pas ces éléments qui constituent la richesse d'un pays. C'est l'élément humain. On s'inspire de l'exemple du Japon qui n'a aucune richesse, mais il fait partie des pays les plus puissants du monde. C'est pourquoi nous voulons axer l'action du PRP sur le développement humain. Et les femmes ainsi que les jeunes, au vu de leurs apports sur la santé, l'emploi productif, l'agriculture, la pêche, l'artisanat, mais pas dans l'extraction de minerais.


En Centrafrique, Mahamat Kamoun, le nouveau Premier ministre a été nommé depuis le dimanche 10 août par Catherine Samba-Panza présidente de transition mais la formation du gouvernement se fait toujours attendre, comment l'expliquez-vous ?


Il y a une immaturité dans le cœur de l'actualité Centrafricaine. On a fait des communiqués à ce sujet pour expliquer que les critères qui présidaient à la nomination de tel ou tel homme d'Etat centrafricain, qui n'étaient pas pertinents et c'était des critères dangereux. A la suite du forum de Brazzaville le 23 juillet dernier, il était convenu qu'il fallait un vice-président musulman puisque la présidente est de confession chrétienne. Nous avons condamnés cette façon de faire la politique, car nous avons vu dans l'histoire qu'à chaque fois que des gens ont voulu mettre en avant des critères ethniques ou religieux, ça conduit à la dispersion. C'est l'exemple en Birmanie, un pays bouddhiste à 90 %, en Iran où les populations chrétiennes sont pourchasser par des djihadistes ; la Somalie, le Mali. Avec le Premier ministre Mahamat Kamoun, au lieu de mettre en avant ses compétences, son expérience, on a voulu mettre en avant sa foi musulmane qui n'avait rien à voir avec la situation. Aussitôt sont montés au créneau, les plateformes politiques en place tels que l'AFDT (Alliance des Forces de la Démocratie de Transition), le JPPRTL qui demandaient à ce que le médiateur à savoir le président Denis Sassou Nguesso intervienne pour la nomination d'un nouveau gouvernement. Vous voyez que même pour former un gouvernement ces hommes politiques sont immatures au point d'être obligés de passer par l'extérieur. L'urgence humanitaire, sanitaire reste alarmante. Aujourd'hui, le paludisme tue trois fois plus que les armes, mais nos hommes politiques préfèrent se battre pour savoir qui va entrer dans le gouvernement voilà ce qui fait que qu'on ne peut pas avancer.


Parlant du Premier ministre qui n'est autre que l'ancien Directeur de cabinet de Michel Djotodia puis conseiller spécial de la présidente de transition, comment voyez-vous sa nomination ?


Nous avons dénoncé les connivences entre Catherine Samba-Panza et les différents acteurs, qui font qu'on trouve au sein du cabinet ministériel des personnes ayant contribué à la partition de la Centrafrique. Nous ne comprenons pas comment le ministère ou la présidence peut accepter des gens qui un jour demandent la partition, un autre, ils demandent l'extermination des musulmans ou des chrétiens. Mais, on comprend que la présidente à les mains liées car ne voulant de frustrations d'aucuns côtés.

Vous êtes en tournée, de quoi s'agit-il ?


Il s'agit de sensibiliser la communauté africaine, de la situation Centrafricaine par rapport à l'actualité. Il s'agit également de prendre contact avec la communauté Centrafricaine de la diaspora, pour plaider la cause de notre parti le PRP auprès des hommes des femmes les plus influents dans le continent africain et de leur faire comprendre qu'on est prêt à insuffler une nouvelle vision de la politique Centrafricaine. Donc en tant que responsable, enfant de ce pays, il était de notre devoir d'aller vers ceux et celles qui font l'histoire. Nous savons que le Sénégal a une importance sur l'échiquier international. Un homme politique, s'il est intelligent, il doit prendre un exemple sur ces proches donc, on n'a pas besoin de chercher chez les Américains ni chez les Britanniques. En Afrique même nous avons des gens qui nous ressemblent et c'est la raison pour laquelle nous sommes venus prendre l'expérience du Sénégal.


Pape moussa BA
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