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Centrafrique: Bangui redécouvre les plaisirs de la nuit
Publié le jeudi 4 septembre 2014  |  AFP
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Au "Songo Night", aux "Zammours" ou dans le "quartier des péchés", Bangui vibre de nouveau la nuit dans les bars, dancings et autres discothèques qui rouvrent dans les quartiers, signe de la progressive normalisation en cours dans la capitale centrafricaine.

"Ici, c'est 24h/24!", lance Yvon Sanga, étudiant. Ici, c'est au "Kadam Kadam", l'un des nombreux "bar-dancing" du 2e arrondissement de Bangui.

Les clients devisent autour de poissons et de poulets braisés arrosés de bières. On s'y déhanche jusqu'à l'aube, au rythme des ndombolo congolais, coupé-décalé ivoirien et R'n'b américains. Dans les effluves d'alcool et les braillements des fêtards, la crise semble bien loin.

Après des mois de terribles exactions, de lynchages et de pillages, sur fond de traque des habitants musulmans assimilés à l'ex-rébellion Séléka, Bangui va visiblement mieux.

Après la reprise générale de l'activité, la renaissance d'une vie nocturne témoigne de cette lente amélioration de la sécurité ces trois derniers mois. Les Banguissois redécouvrent la nuit et ses plaisirs, ses amours passagères et ses lieux de perdition.

Le couvre-feu, qui reste en vigueur sur toute l'étendue du territoire de minuit à 5H00 du matin, n'est plus respecté que dans les quartiers les plus touchés par les violences.

-Sur le 'terrain de tir'-

"Nous avons le privilège d'être proches du centre ville. C'est un secteur qui n'a pas été tellement perturbé par les évènements", se réjouit Hélène Mballa, belle et jeune Camerounaise, sous les néons rouges du "Kadam Kadam".

"Ici, on est à l'aise si les gendarmes et policiers centrafricains ne nous indisposent pas avec leurs patrouilles intempestives", explique Yvon l'étudiant. Ceux-là, "ils n'ont pas perdu les bonnes habitudes" de racket.

"Ils s'étaient tous terrés quand la Séléka (ex-rébellion) avait envahi Bangui. C'est bien de les tenir à l'oeil avec les patrouilles mixtes", poursuit-il, alors que des militaires burundais de la force africaine et quelques policiers centrafricains font leur apparition au bout de la rue.

Le "Songo Night" et "La Plantation" sont les deux principales boites de nuit. Il y a aussi les bars-dancings "Mbi Yé", "Plus ou moins", "Cave de la Paix", "Bisso na Bisso" ou encore "Sélection" dans le quartier Bruxelles (2e arrondissement), où l'explosion d'une grenade en juin avait semé la panique.

Ouverts dès 9h du matin, certains établissements ne ferment que tard dans la nuit et sont très fréquentés. Les clients se disent rassurés par la présence des forces internationales, Misca, Sangaris, et Eufor-RCA.

"Vous voyez ces 4X4 aux couleurs de l'Union européenne et avec des mitrailleuses lourdes? Ce sont les Géorgiens (de l'Eufor). Les Français viennent (de Sangaris) à peine de passer. Tous, ils sécurisent le 5è arrondissement et la vie a repris la nuit ici à Miskine", explique Josée Penguélé, un commerçant.

"On peut rester à la +Cave des amis+ jusqu'à 21h, voire 22h", sourit-il.

Miskine fut pourtant l'un des quartiers les plus touchés par les violences intercommunautaires, qui y ont fait des dizaines de morts, et ont provoqué l'exode des musulmans, comme en témoignent les maisons détruites.

Les herbes folles ont envahi ces ruines et leurs murs calcinés. "C'est devenu le terrain de tir", plaisante d'un air goguenard Guy, rabatteur pour les prostituées du quartier. "Ceux qui n'ont pas la possibilité d'aller dans des lieux appropriés font les arrangements avec leurs partenaires pour que tout se joue à cet endroit".

- 'Le couloir de la mort' -

Un seul quartier reste plongé dans le silence et la peur à la nuit tombée: le PK5, dernière enclave musulmane de la capitale, où les habitants vivent toujours sous la menace des assassinats et lynchages des miliciens anti-balaka.

"C'est ici qu'il y avait l'ambiance autrefois", raconte Aubin Bangué, cadre de la santé, qui ne cache pas sa nostalgie pour "les mamas koloutous (aux larges hanches), les sèpèlè (jeunes filles minces et élancées), les femmes capables (femmes d'affaires) et les pirates (réputées pour dépouiller les hommes jusqu'à leur dernier sou)".

"Au KM5, nous avions les meilleurs méchouis de Bangui. Il y en avait pour toutes les bourses, chacun y trouvait son compte", regrette Alain Kossingou, mécanicien.

"C'est le couloir de la mort désormais", avertit Alain. S'aventurer de nuit au PK5, c'est prendre le risque d'être "kidnappé, tué, charcuté, et de disparaitre définitivement".
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