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Centrafrique : Retour sur 48 heures de violence à Bangui
Publié le vendredi 10 octobre 2014  |  Observers.france24.com
Patrouille
© AFP par PACOME PABAMDJI
Patrouille des soldats des Nations Unies MINUSCA suite aux violences
Mercredi 8 octobre 2014. Bangui
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Ce sont des scènes que la capitale centrafricaine n’avait pas connu depuis des mois. Un nouveau cycle de violence meurtrier, des barricades et des tirs nocturnes qui ont fait vivre deux jours de cauchemar aux habitants de Bangui.

Cela faisait plusieurs semaines que la capitale centrafricaine avait retrouvé un calme relatif. Des travaux étaient en cours sur plusieurs artères de la ville, et la plupart des commerçants des différents quartiers avaient repris leur activité. Mi-septembre, les nombreux déplacés avaient même commencé à revenir habiter dans leurs quartiers, souvent dévastés.

Pourtant, mardi 7 octobre, tout s’embrase en quelques heures dans le quartier Gobongo : selon un officier de la force des Nations Unies (Minusca) "un sujet musulman conducteur d'une moto jette une grenade" faisant vingt-quatre blessés. Dans la foulée, un homme dont il n’a pas été dit s’il s’agissait du lanceur de grenade mais présenté comme ayant participé à l’attaque, est lynché et son corps calciné. L’homme est un habitant du PK5, une zone où vivent de nombreux musulmans et où son corps a été ramené mercredi provoquant des émeutes.

"Les humanitaires n’auraient pas dû ramener ce corps calciné au quartier musulman"
Dieu-merci Lazare Ndjadder est un habitant du KM5, un quartier voisin du PK5. Il a assisté à la remise du corps à la morgue du quartier par la Croix-Rouge.

Auparavant, il y avait un accord entre la Croix-Rouge et les imams pour que les corps de musulmans tués ne soient pas rapatriés dans leur quartier d’origine afin d’éviter les réactions hostiles de musulmans choqués par la mort d’un des leurs. Les corps étaient directement gérés et enterrés par la Croix-Rouge. Pour moi, elle a fait une erreur en ramenant ce corps dans le quartier.

Depuis plusieurs semaines, l’activité reprenait à KM5, mais la cruauté avec laquelle cet homme a été tué à tout remis en question en un claquement de doigt.

Selon Antoine Mbao Gobo, responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, ses équipes ont agi conformément aux règles récemment redéfinies avec les imams en déposant le corps à la morgue du KM5, il estime qu’il "vaudrait mieux ne plus ramener les corps désormais". Victimes de menaces verbales, les membres de la Croix-Rouge ont suspendu temporairement leurs activités de secours à Bangui.

Vengeance sur un chauffeur de taxi

Des manifestants musulmans en colère ont amené le cadavre, mercredi 8 octobre, au siège de la Minusca. Puis, une partie d’entre eux s’en sont pris à un chauffeur de taxi qui transportait deux personnes. Les trois ont été tués, provoquant immédiatement une mobilisation des chauffeurs de taxis de Bangui qui ont dressé des barricades et bloqué la ville. Eric Ngaba, journaliste pour Radio Ndéké Luka, a couvert cette mobilisation.

Avant la crise centrafricaine, taxi était un métier pratiqué par des chrétiens et des musulmans sans distinction. Mais aujourd’hui, c’est devenu très dangereux pour un musulman d’être chauffeur de taxi, donc c’est une profession exclusivement pratiquée par des Centrafricains chrétiens. Ceci explique probablement pourquoi les manifestants musulmans s’en sont pris à un chauffeur de taxi qui a eu le malheur de passer dans un quartier où ils manifestaient. Dans ces situations, un crime en entraîne un autre. On pensait que ce type de comportement était derrière nous, mais on voit qu’à Bangui, tout peut rebasculer.

Les taxis sont un indicateur de la situation à Bangui : lorsqu’ils ne circulent pas ou sont en grève, c’est que quelque chose va très mal. Ils ne sont pas spécialement puissants politiquement, mais ils traduisent un malaise répandu dans la population : le sentiment que les autorités centrafricaines sont faibles et impuissantes à réagir face à la violence. Hier, ils ne scandaient pas des slogans hostiles aux musulmans, mais ‘Samba-Panza [présidente de transition de la Centrafrique NDLR] démission’.

En 48 heures, au moins douze personnes ont trouvé la mort selon la Croix-Rouge. Mercredi dans la soirée, des tirs retentissaient dans plusieurs arrondissements de Bangui provoquant des déplacements de population. Le calme semblait revenu jeudi en milieu de journée, malgré quelques tirs sporadiques.

Ces heurts interviennent dans un contexte politique délicat. Lundi, un des leaders d’une branche des anti-balaka, Patrice Edouard Ngaissona, avait lancé un ultimatum à la présidente centrafricaine réclamant son départ avant mercredi soir. D’autres leaders anti-balaka affirment que le groupe d’auto-défense est prêt à prendre d’assaut Bangui d’ici la fin de la semaine pour forcer la présidente à quitter le pouvoir.

La présidente de transition Catherine Samba Panza est dans l’œil du cyclone à cause de sa gestion opaque d’un don de 10 millions de dollars accordés par l’Angola. Selon le quotidien "Jeune Afrique", un quart de cette somme n’est pas rentré dans les caisses de l’État.
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