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Bawa Godobe : Aider nos compatriotes surtout ceux de la diaspora a importer des marchandises sans se faire dépouiller par des déclarants en douanes véreux
Publié le jeudi 25 juin 2015  |  Centrafrique Libre
M.
© Autre presse par DR
M. Bawa Godobé, chargé d’affaires au consulat centrafricain
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En marge d’une mission à Douala, nous avons rencontré M. Bawa Godobé, chargé d’affaires au consulat centrafricain de cette ville qui est la principale porte d’entrée des marchandises et des biens en RCA. Alors qu’il vient d’atteindre ses 50 bougies même s’il en a pas l’apparence, cet originaire du très populaire quartier Km5 de Bangui est expert judiciaire en matière industrielle de formation. Homme de l’ombre Bawa Gogobé (BG) comme l’appelle ses intimes est une personnalité qui a une longue expérience du terrain. Il a été successivement ancien président du club mythique de football des commerçants centrafricains ASCOM, président de FIPDCA( Fondation Islamique pour la Paix et le développement de la Centrafrique), président du comité national chargé de l’organisation du pèlerinage à la Mecque et enfin secrétaire général de GTC (Groupement des Transporteurs Centrafricains).

Maniant parfaitement la langue de Molière, Bawa Godobé qui affirme ne s’être jamais associé à la Séléka ou à un parti politique centrafricain a accepté de répondre à nos questions.

Bonsoir M. Bawa Godobé, vous êtes le consul de la RCA à Douala, comment se porte la communauté centrafricaine et parlez-nous un peu de vos activités dans cette ville

Je vous remercie Monsieur le journaliste d’être venu à notre rencontre. Les centrafricains se portent tous bien ici à Douala. Dès notre nomination, nous avons multiplié des contacts pour rencontrer les compatriotes pour leur délivrer les messages de la paix et de l’entente, de l’amour et de la solidarité. Après deux ou trois rencontres, nous avons su que notre message a été compris par ceux-ci et maintenant nous sommes ensemble et nous travaillons la main dans la main pour l’intérêt de notre pays. Quant au quotidien, nous nous efforçons d’inciter nos compatriotes qui sont ici à Douala à montrer une bonne image, nous nous adressons surtout aux réfugiés, nous leur prodiguons des conseils, nous leur demandons de respecter les lois et les règlements de ce pays frère qui a accepté de les accueillir. Je pense que le message est bien passé dans l’ensemble.

Justement combien y’ a-t-il de réfugiés centrafricains à Douala ?

A ce jour nous recensons 8000 réfugiés centrafricains à Douala selon les chiffres du HCR. Mais il y’ a beaucoup de compatriotes qui n’ont pas été enregistrés et nous sommes en train de faire ce travail d’enregistrement à notre niveau.

Vous êtes musulman vous êtes en jeun actuellement, comment se passe la cohabitation avec vos compatriotes chrétiens, pensez-vous que le plus grand conflit que votre pays vient de connaitre concerne vraiment les religions ?

Merci pour cette question, je m’inscris en faux de dire que le conflit qui a déchiré mon pays est un conflit inter religieux. Non, c’est aux politiciens que cette question devrait être posée. Ici à Douala, il n’y a pas de centrafricains chrétiens ou musulmans, nous sommes tous ensemble, il n’y a pas de problèmes entre nous. On vit ensemble, nous travaillons ensemble la main dans la main. D’ailleurs vous pouvez le témoigner à travers cette visite inattendue que vous avez faite dans notre service.

M. le consul, on le sait Douala est la principale porte d’entrée des marchandises en RCA. Vos compatriotes et surtout ceux de la diaspora sont souvent victimes des arnaques des démarcheurs ou des déclarants en douanes véreux au cours des formalités tendant à dédouaner leurs véhicules, que comptez-vous faire pour remédier à cette situation ?

En ce qui concerne le transit au port de Douala, depuis notre arrivée nous avons cherché tout de suite à organiser ou aider nos compatriotes qui ont opté pour le métier de déclarant en douanes. Mais plusieurs mois après nous avons compris que ces derniers ne fonctionnent pas selon les règles de l’art. Nos compatriotes de la diaspora sont les principales victimes de ces derniers, même les usagers qui viennent de Bangui. Nous avons compris qu’il faudrait chercher à régulariser ou réformer ce secteur. Nous nous sommes organisés avec nos fonds propres pour envoyer en formation quatre à cinq déclarants afin de créer un service de transit au niveau du consulat. L’objectif recherché est d’aider nos compatriotes surtout ceux de la diaspora à importer des marchandises ou des voitures sans se faire dépouiller par des déclarants en douanes véreux.

M. le consul si on vous comprend bien les usagers pourraient utiliser dorénavant les services du consulat pour les démarches de leurs voitures, allez-vous leur faire payer des nouvelles taxes ?

Non, nous sommes un service public, nous sommes là pour aider nos compatriotes, notre objectif c’est de combattre définitivement les difficultés auxquels ils sont confrontés. Nous allons nous organiser pour faire accélérer toutes les démarches administratives. Nous avons pris le temps d’observer et maintenant est venu le temps de l’action. Nous devons aider nos compatriotes à minimiser les coûts de leurs dépenses. Notre intérêt c’est de mettre en confiance nos compatriotes, c’est d’assurer la sécurité des transactions au niveau port. Nous allons prendre nos responsabilités pour aider nos compatriotes.

Où nous en sommes avec le projet de la viabilisation d’un terrain offert à la RCA par le Cameroun au port autonome de Douala ? Cet espace est dédié à la construction d’un port sec qui a pour objectif de stocker des marchandises destinées à la RCA. On le sait durant la grande crise des marchandises et de nombreux véhicules bloqués au port de Douala ont été vendus aux enchères au grand dam de leurs propriétaires

Effectivement le gouvernement centrafricain devrait mettre en valeur cet espace pour surseoir aux imprévus qui peuvent empêcher un importateur de dédouaner à temps ses marchandises. Le port sec est également une solution aux problèmes de surestaries qui amènent souvent les autorités portuaires camerounaises à procéder aux ventes aux enchères qui occasionnent souvent de grandes pertes pour nos compatriotes. Personnellement je souhaite qu’on mette vite en valeur ce site qui est logé dans le port de Douala, d’ailleurs le gouvernement est en train de faire des efforts en recherchant des partenaires pour nous aider à vite aller dans ce sens. En ayant notre port sec, on y déchargera tranquillement nos cargaisons et on permettra à nos importateurs de faire beaucoup d’économies.

Combien y’ a-t-il des associations centrafricaines établies à Douala, travaillez-vous avec celles-ci ?

Nous avons à ce jour enregistré une dizaine d’associations citoyennes. Elles opèrent dans l’humanitaire et dans le social. Nous avons su les canaliser donc elles sont bien organisées. Nous avons également des partis politiques, une dizaine qui sont également enregistrés dans notre consulat. Nous avons également des entités qui sont sous notre tutelle à savoir le BARC, l’ACRP et le Conseils Centrafricains des chargeurs.

Avez-vous pris des contacts ou convaincu des investisseurs ou des entreprises camerounaises à s’établir dans votre pays ?

Merci M. le journaliste pour cette bonne question. Nous avons effectivement pris des contacts et recherché des partenaires pour les inciter à investir chez nous. Nous avons eu beaucoup de promesses et ceux-ci n’attendent que le retour définitif de la paix pour se rendre dans notre pays. Nous avons par exemple réussi à convaincre des hommes d’affaires indiens qui sont prêts à investir pour la réhabilitation des infrastructures postales, notamment la création d’une banque comme c’est le cas dans plusieurs pays.

Quels sont vos souhaits pour votre pays ?

Je souhaite le retour définitif de la paix et de la concorde dans mon pays, je souhaite que tous mes compatriotes qui sont partis à l’extérieur pour se mettre à l’abri puissent vite retrouver leur domicile en RCA, c’est notre prière quotidienne. J’en profite pour féliciter la présidente Catherine Samba-Panza et les autorités centrafricaines pour avoir réussi à réunir la majorité des acteurs centrafricains au Forum de Bangui. Je constate qu’il y’ a beaucoup de retour au pays depuis la fin de ses assises nationales. Il y’ a même une forte demande d’obtention de laissez-passer de la part des compatriotes de Douala.

Le Forum de Bangui est donc une réussite pour vous ?

Oui effectivement, c’était une réussite, j’en profite pour vous annoncer que la présidente de la transition a donné des instructions pour permettre aux compatriotes qui veulent rentrer au pays de s’enregistrer et de bénéficier d’une aide pour leur rapatriement. Nous sommes très honoré d’assister au retour de la paix dans notre pays.
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