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Après la Centrafrique, des soldats français impliqués dans une affaire de viol de fillettes au Burkina
Publié le samedi 4 juillet 2015  |  JournaldeBangui
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© AFP par PATRICK FORT
Des soldats français , cadre de l`opération Sangaris , en patrouille dans des quartiers de la capitale Bangui
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Les deux accusés ont été immédiatement suspendus, rapatriés en France puis placés, jeudi 2 juillet, en garde à vue

Une affaire très délicate alors que l’armée souffre déjà d’accusations de viols d’enfants en Centrafrique, révélées il y a quelques mois.

Que s’est-il passé au Burkina-Faso?
Deux soldats des forces spéciales françaises âgés de 36 et 38 ans sont accusés d’avoir commis des attouchements sur deux fillettes dans une piscine. Ils se trouvaient à Ouagadougou en mission dans le cadre de l’opération militaire «Barkhane».

Les deux hommes auraient filmé leurs actes qui se seraient déroulés dans la piscine d’un hôtel où ils ont rencontré la mère de l’une des victimes. Ils auraient ensuite oublié la caméra et les parents auraient visionné les images, puis alerté l’ambassade française le 29 juin.

Celle-ci a prévenu les autorités burkinabés. Le lendemain, le parquet français ouvrait une enquête. Les deux accusés ont été immédiatement suspendus, rapatriés en France puis placés, jeudi 2 juillet, en garde à vue.

Une rapidité de réaction qui tranche avec l’opacité dont l’armée et le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian ont été accusés en avril, lorsque l’existence d’un rapport de l’ONU accusant quatorze Casques bleus français de viols sur enfants en Centrafrique a été révélée par la presse britannique.

Les autorités françaises avaient bien été informées dès juillet 2014 puis la justice saisie mais rien n’avait filtré.

Quel contrôle l’armée exerce-t-elle sur le comportement de ses soldats?
«Ce qu’il faut regarder, c’est la capacité de réaction des armées. Il y a des procédures qui existent et en Centrafrique comme au Burkina Faso, elles ont été très rapides», explique-t-on au ministère de la Défense. Mais pour l’aumônier militaire Christian Venard, auteur du livre Un prêtre à la guerre, ces affaires montrent surtout l’importance d’agir en amont.

«On voit bien que dans l’après, le commandement est extrêmement rapide. C’est dans la prévention que nous ne sommes pas à la hauteur; les chefs essayent de faire passer des messages sur le comportement que les soldats doivent avoir, mais d’un point de vue pédagogique c’est encore très faible», analyse-t-il.

Pour lui qui accompagne depuis dix-huit ans les forces françaises sur le terrain, il y a une gêne à «aborder de front les questions de sexualité, parce que les chefs ont peur de passer pour des moralisateurs. C’est un point qui bloque dans la préparation des soldats. Il faut une vraie formation éthique, pas un petit rappel de temps en temps», insiste l’aumônier.

Christian Venard ne recommande pas de contrôler, mais de «canaliser » les comportements. La difficulté étant de savoir jusqu’où aller. « La réflexion sur la liberté individuelle, très importante dans notre société actuelle, est difficile dans l’armée. Beaucoup de nos chefs ont du mal à prendre la décision de priver de certaines libertés» évoquant l’accès à la pornographie (pourtant interdite dans l’armée) ou même à Internet.

Dans la guerre, il y a des situations qui amènent des soldats à perdre le contrôle de leur comportement, assure-t-il avant de conclure: «C’est le rôle du commandement de leur faire garder la tête froide».
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