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Centrafrique: seulement trois étudiants en mathématiques après 55 ans d’indépendance
Publié le samedi 8 aout 2015  |  Centrafrique Libre
Bangui
© Autre presse par DR
Bangui : des étudiants entretenus sur les principes fondamentaux des droits de l’homme
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Les centrafricains sont les champions du monde des incantations sur l’immensité de leurs potentialités minières et énergétiques même si dans ce pays, l’État a aujourd’hui cessé de former des jeunes capables de relever des grands défis du futur. Seulement les intellectuels centrafricains qui sont très présents dans la sphère de la politique ont oublié qu’aucun pays au monde ne peut se développer s’il ne forme pas de scientifiques, des polytechniciens et des experts.

Incroyable mais vrai! Après 55ans d’indépendance la République centrafricaine et son unique université ont seulement trois étudiants en année de licence 3 de mathématiques.Pire, cette filière ne va pas au-delà de la Licence 3 alors que l’Université de Bangui a intégré le système LMD( Licence Master, Doctorat) depuis plusieurs années.

En visite à l’université de Bangui, Centrafrique libre a rencontré le professeur Faustin Arcange Touadera, ancien premier ministre et candidat indépendant à la présidentielle qui était en train de dispenser un cours de Calcul differentiel en présence de trois étudiants. Étonné de constater ce petit effectif, le reporter a cherché à savoir pourquoi les autres étudiants étaient absents. « Non il n’y a que trois étudiants en Licence 3 de mathématiques et en plus je suis le seul spécialiste de cette matière » a déclaré le professeur Faustin Arcange Touadera.

Notons qu’à l’époque la filière des mathématiques était enseignée à l’Université de Bangui jusqu’en maitrise (Bac+4). Cela était possible grâce l’assistance constante des professeurs africains, européens et américains qui intervenaient dans le cadre d’une coopération multilatérale.

Un pays ne peut pas se développer sans les scientifiques de renommée internationale. A l’heure où on parle de la reconstruction de la RCA, le moment est venu pour le gouvernement centrafricain de tirer la sonnette d’alarme. Il doit partir à la recherche de nombreux mathématiciens centrafricains, anciens ressortissants du lycée scientifique Cécile Digo de kémbé, du lycée Barthélémy Boganda de Bangui, du lycée Pie 12 et de l’université de Bangui qui font actuellement le bonheur des pays occidentaux, notamment la France.

Les mathématiciens, les ingénieurs, les électroniciens, les médecins, les polytechniciens, les biologistes, les ingénieurs pour l’aide à la décision des diasporas centrafricaines dans le monde, sont invités à faire un examen de conscience et étudier les possibilités qui pourraient leur permettre d’intervenir dans leur pays. Sans ce geste, la RCA fera un jour recours aux étrangers lorsqu’elle commencera à exploiter son pétrole.

La Guinée équatoriale à titre d’illustration a perdu beaucoup de milliards faute de personnels locaux qualifiés au début de l’exploitation de l’or noir pétrole à la fin des années 1990. Ce pays a dû faire appel à une main d’œuvre étrangère avant de se ressaisir.

Jadis craint et respecté dans le monde, le système éducatif centrafricain est devenu aujourd’hui déphasé et obsolète et si rien n’est fait, la RCA finira par perdre toute son identité au profit des étrangers.

Wilfried Maurice SEBIRO
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