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Vote des refugies : position des hommes politiques avant la volte face des conseillers nationaux
Publié le samedi 22 aout 2015  |  Centrafrique Libre
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© Autre presse par DR
Les refugiés centrafricains au Congo Brazza
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La salle de conférence de l’hôtel Ledger plazza de Bangui a été le cadre d’une rencontre exceptionnelle des responsables des plates formes politiques. Des personnalités politiques et pas des moindres s’étaient réunies le lundi 17 aout pour discuter des problèmes qui minent le quotidien des centrafricains et si possible, de se réapproprier des grandes décisions sur l’avenir de leur pays qui est officieusement sous la tutelle des Nations Unies. Comme des garçons blessés, les leaders centrafricains ont reconnu le danger qu’encoure actuellement leur pays après avoir laissé la latitude à la communauté internationale, notamment à la France qui le pilote à vue depuis des années à leur place.

Ils s’étaient majoritairement exprimés contre la position favorable de la communauté internationale internationale sur le vote des réfugiés. Cette position a été relayée par la présidente controversée de la transition Mme Cathérine Samba-Panza via la Cour constitutionnelle placée sous ses ordres. Alors que le CNT avait rejeté le vote des réfugiés en première instance, CSP et la communauté internationale ont saisi la Cour Constitutionnelle de la transition qui a balayé ce vote du revers de la main.

Le deuxième passage de ce projet devant le CNT était marqué hier par la volte face des conseillers nationaux qui auraient touché chacun 80000Fcfa( 120€) pour ce revirement. Notons que les politiciens présents à cette rencontre étaient tous presque contre le vote des réfugiés. Cette question a même mis en lumière une division au sein de l’Alliance des forces démocratique pour la transition (AFDT): Le MLPC et le RDC sont pour le vote des réfugiés tandis que la CRPS de Nicolas Tiangaye est contre.

La classe politique va t-elle aller au bout de sa logique en faisant impliquer la rue qui est largement contre le vote des réfugiés? Va t-elle honteusement avaler des couleuvres et se plier pour une énième fois au dictat de la communauté internationale et des autorités impopulaires et incompétentes de la transition? Wait and see. Nous vous proposons les propos recueillis par les leaders présents à cette rencontre.

Maxime Kazagui, responsable politique, membre du Conseil national de Transition et probable candidat à la présidentièlle

Les conseillers ont voté contre le vote des réfugiés. Si nous demandons à des compatriotes où ils soient de voter, ils doivent être soumis par la campagne. Aurions-nous la possibilité d’envoyer nos représentants pour sécuriser le déroulement des élections ? Le vote sera à l’intérieur ou à l’extérieur des camps ? Avons-nous l’assurance que ceux qui sont considérés comme des réfugiés sont des centrafricains ?Quand il y’ a eu ce vote, personne au CNT n’avait dit que c’était contre les musulmans. Les conseillers ne sont pas disposés à changer d’avis.

Joseph Béndounga, Président du MDERC

J’évolue dans le sens du président Kazagui. Le Cameroun a rasé sur 100 mètres des maisons sur le territoire centrafricain et y a planté son drapeau. Au Tchad, le franchissement de la frontière est à vos risques et puérils. Il n’y a pas d’accessibilité, c’est la première fois que les centrafricains sont en exil. C’est officiel le Congo démocratique a refusé le vote des centrafricains sur son territoire.

Clément Bélibanga, président de l’ADP

J’étais le seul dans la salle, ils n’ont jamais parlé de la convention de Genève. C’est la Cour Constitutionnelle de la transition qui a rendu la décision en faveur du vote des réfugiés. S’ils sont incompétents qu’on le leur fasse savoir. Je respecte la décision de la Cour Constitutionnelle de transition même si deux pays ont déjà refusé le vote des réfugiés sur leur territoire.

Crépin Mboli- Goumba, ancien ministre d’Etat, président du Patrie

Le HCR qui est une agence des Nations Unies a pris position en faveur du vote des réfugiés, on n’a pas assuré la sécurité des plus faibles ni la libre circulation sur le plan national et on veut maintenant nous exiger le vote des réfugiés, cela ne s’est jamais passé nulle part ailleurs dans le monde. La communauté internationale a fait manger des couleuvres au CNT sur le don angolais, c’est encore elle qui est derrière cette position.

Charles Armel Doubane, ex ambassadeur de la RCA à l’ONU, candidat à la présidentielle

Le deuxième passage du projet du vote des réfugiés devant le CNT peut poser deux problèmes sur le plan juridique ou le plan politique

Si le CNT ne revient pas sur sa position, il y’ aura un problème. On a préféré parler de la cohésion, de l’unité nationale, on a supposé que les 496.000 réfugiés sont des musulmans. L’argument vendu est que si on ne fait pas de vote à l’intérieur des camps, ils reviendront revendiquer leur place un jour.Mais que faut-il faire ?

Primo : les politiques doivent réaffirmer leur position.

Deuxio : Que ceux qui nous accompagnent et l’Etat centrafricain fassent tout pour sécuriser le couloir de retour et faire revenir les réfugiés au pays. Je ne vois aucun candidat aller dans les pays étrangers pour battre campagne. Les réfugiés perdent leurs droits pour le moment d’après la convention de Vienne.

Katossy membre de l’ancienne majorité

Je ne sais pas ce qui nous arrive, notre pays a pourtant de grands intellectuels. On ne doit pas ignorer la convention de Vienne.

Sylvain Patassé, homme d’affaires responsable de CANE( Centrafrique nouvel Elan) et candidat à la présidentielle

Je suis contre le vote des réfugiés à l’étranger. Souvenez-vous qu’il y avait eu des troubles au niveau de Douala. Les gens avaient même trouvé la mort. Avec Me Tiangaye, on s’était battu pour libérer pour libérer beaucoup de compatriotes. On doit juste sécuriser le retour de nos compatriotes plutôt que de les faire voter à l’étranger. A l’instant même l’armée tchadienne vient d’arrêter cinq de nos compatriotes à l’une de nombreuses frontières avec le Tchad.

Auguste Boukanga, leader politique et ancien ministre

Pourquoi la Communauté internationale tient- elle autant au vote des réfugiés ? Je n’ai pas quitté la RCA depuis le début de la crise. Les avions, les camions étaient venus ramassés les expatriés, les centrafricains sont restés ils se sont déplacés dans les sites qualifiés de Ledger, ils ne sont allés nulle part, ceux qui sont partis ont acquis notre nationalité par intérêt. Il est temps que le pouvoir commence à ramasser les cartes d’identité à ces étrangers. Les étrangers ne votent jamais pour désigner un représentant du peuple. A L’URD notre position est intransigeante : nous sommes contre le vote des étrangers. Ceux qui sont partis depuis 2012 , ce sont des étrangers qui sont rentrés chez eux. Il nous revient de prendre des décisions. Si cela ne tenait qu’à moi on devrait dissoudre la cour constitutionnelle. Cette cour ne dit jamais du droit. Cette décision est illégale.

Faustin Yérima, ancien député

Le vote des réfugiés s’est glissé sur le terrain politique.

Me Nicolas Tiangaye, président de la CRPS et ancien premier ministre

La question du vote des réfugiés va déboucher sur une crise, c’est la communauté internationale qui l’a imposée. On veut faire à la RCA ce qu’on a fait nulle part au monde. Au Cameroun des étudiants camerounais ont pris illégalement le statut de réfugiés centrafricains pour bénéficier des bourses d’études.Le vote des réfugiés a été imposé à la Cour constitutionnelle par la communauté internationale. Ce problème s’est posé lorsqu’on a imposé la résolution 2149. Personne ne vous parle des victimes chrétiennes, la classe politique doit se battre pour avoir un consensus sur ce sujet.

La décision de la cour Cour Constitutionnelle est illégale car elle ne peut émettre qu’un avis constitutionnel que sur une loi. Si le CNT persiste dans sa position, il y aura une crise institutionnelle, s’il se soumet à la décision de la Cour Constitutionnelle qui viole les lois internes de la charte, il y aura une crise politique.
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