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Anicet Dologuélé à cœur ouvert aux Plumes de RCA
Publié le lundi 21 septembre 2015  |  Les Plumes de RCA
Anicet
© Autre presse par DR
Anicet Georges Dolonguélé, ancien Premier ministre de la RCA, ex-président de la Bdeac et leader du parti URCA
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« ….il est prétentieux de croire que l’on peut, tout seul, gagner les élections et diriger la RCA. Nous avons tous besoin les uns des autres… » dixit Anicet Georges DOLOGUÉLÉ président de l’URCA, candidat aux prochaines élections présidentielles

Propos recueillis par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE

Confrontée à une série de crise socio-politique et économique depuis plusieurs années, la Centrafrique peine à se remettre sur le chemin de la normalité. Aujourd’hui, tout est à refaire, tout est à reconstruire et tout est priorité. La résurgence de l’état de droit, la sécurité, la restructuration des FACA, la relance économique, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des belligérants de la crise actuelle, le désenclavement et le développement des villes excentriques du pays telles Birao, Obo, Ouadda Djalé, Ouandanko, Zémio, Rafaï, Derbissaka etc, la lutte contre la LRA de Joseph Kony, la lutte contre les braconniers, sont autant des défis prioritaires les uns les autres et interdépendants. A l’approche des futures échéances électorales en Centrafrique, notre site, Les plumes de RCA « LPRCA » a décidé de placer le gril de la transparence médiatique sur chacun des candidats à la magistrature suprême.
Nous espérons qu’à travers ce lampadaire de la raison critique, chaque potentiel locataire du Palais de la Renaissance pourra convaincre les électeurs sur sa vision d’une nouvelle Centrafrique permettant la communauté de vie et de destin de tous les Centrafricains sans exception. C’est dans cette optique que nous vous tendons aujourd’hui le micro du peuple.

LPRCA : Monsieur Anicet Georges DOLOGUÉLÉ (AGD) Bonjour

AGD : Bonjour

LPRCA : Monsieur DOLOGUÉLÉ, notre pays fait face aujourd’hui à une recrudescence de violences tant à Bangui qu’en province. Quelle est votre analyse de la situation et quelles solutions préconisez-vous pour mettre définitivement fin à ce cycle de violence ? Faut-il continuer à dialoguer avec les belligérants où faut-il plutôt les désarmer de force ?

AGD : Il faut faire les deux. Certains de ces hommes veulent tourner le dos à la violence et attendent le DDDR, ou à tout le moins le pré DDDR, pour avoir une occupation rémunérée et abandonner les armes. Il faut les encourager et démarrer au plus vite les travaux à haute intensité de main d’œuvre, qui permettront à ces jeunes de vivre d’autres choses que des produits des braquages et autres violences faites sur les populations. La communauté des bailleurs de fonds s’y est engagée. Par contre, les chefs de guerre qui continuent à prendre le pays en otage et à narguer les forces internationales doivent être arrêtés et présentés à la justice. Pour y arriver, je ne vois pas d’autres solutions que l’utilisation de la force, puisque le dialogue avec ces hommes est en panne depuis deux ans, s’il a jamais commencé.

LPRCA : Le projet de la nouvelle constitution a fait couler beaucoup d’encre à cause de la disposition permettant la création d’un Sénat.

Le Candidat Martin Ziguélé soutient cette disposition en ces termes, je cite : « il n’y a pas de chefferie traditionnelle dans notre pays comme ailleurs. Et en cas de crise, le dialogue entre l’administration et la population se fait par des canaux improvisés, qui ne sont pas institutionnalisés, qui ne sont pas innés. Je crois que la création d’un Sénat se justifie pour rapprocher davantage les autorités politiques, administratives, qui sont à Bangui, de la population par le biais des chefs des autorités locales ».

Le candidat Gaston Nguérékata pense quant à lui que « cette une absurdité et nous n’avons pas les moyens qui nous permettent la mise place d’une Institution qui va coûter très cher à la nation… D’ ailleurs, renchérit Ngérékata, si cette disposition passe et que je suis élu, je la ferai disparaître par une révision constitutionnelle ».

Alors quelle est la position du candidat Anicet Georges Dologuélé ?

AGD : Le Sénat n’est pas une institution inutile, si ses missions sont bien définies et respectées. Mais sa mise en place, au-delà du choix politique, devrait prendre en compte la capacité de l’Etat à financer son fonctionnement. Il est évident que ce nouveau Sénat coûtera de l’argent au contribuable. Or, la Constitution dispose que toutes les institutions devront être mises en place dans un délai de 12 mois. L’Etat aura-t-il déjà réussi à stabiliser sa situation financière d’ici là ? Rien n’est moins sûr. Au-delà des problèmes budgétaires, il faudra éviter que le Sénat ne soit qu’une simple chambre d’enregistrement ou une maison de retraite pour caser le trop plein d’hommes politiques. Ceci dit, la nouvelle Constitution a déjà été adoptée par le CNT. Nous appellerons à un vote favorable lors du référendum constitutionnel.

LPRCA : En parlant de Martin Ziguélé qui fut votre successeur à la Primature sous le règne du feu Président Ange Felix Patassé, d’aucuns disent que vous seriez des « ennemis intimes », vos militants s’invectivent d’ailleurs très souvent sur internet. Aussi, un de nos articles intitulés « MARTIN ZIGUELE-ANICET GEORGES DOLOGUELE : DEUX HOMMES, DEUX STYLES » a fait l’objet des droits de réponses très critiques de la part des personnes issues de vos deux états-majors.

Quelles sont vos relations ? Et dans un contexte de crise où tout le monde prône la réconciliation, ne revient-il pas aux leaders politiques de donner l’exemple

AGD : Par nature je suis opposé à tout ce qui est violent ou excessif. Pour moi, la compétition politique doit être contenue dans les limites du respect de l’autre et j’insiste auprès des militants de l’URCA pour que nos adversaires ne subissent de notre part ni injure, ni atteinte à leur honneur. J’ai la profonde conviction que toute prise de position uniquement guidée par la passion, participe à faire le lit de futures crises inutiles qui fragiliseront davantage la cohésion nationale. Quand on ambitionne de diriger notre pays, c’est pour être le Président de tous les centrafricains, pas juste pour sa famille, son ethnie ou son parti politique. Le prochain Président élu aura également la responsabilité du bien-être de ses adversaires d’aujourd’hui et de tous leurs partisans. Par ailleurs, il est prétentieux de croire que l’on peut, tout seul, gagner les élections et diriger la RCA. Nous avons tous besoin les uns des autres, il faudra beaucoup de bras et de cerveaux pour recoller les morceaux de notre pays. C’est pour cela que je me tiens loin des querelles de personne. Je n’ai pas besoin de faire des efforts pour ça, c’est ma nature profonde.

LPRCA : Monsieur DOLOGUÉLÉ, face aux multitudes de candidatures, l’offre politique sera un facteur clé pour remporter les prochaines élections. L’ancien Premier ministre que vous êtes, maîtrise très bien les mécanismes de l’administration centrafricaine. Que proposez-vous aux centrafricains pour éradiquer les maux récurrents qui gangrènent la société centrafricaine et sortir définitivement de ce qu’il convient d’appeler la malédiction des 10 ans résultante de la mauvaise gestion, la mauvaise répartition des richesses et l’extrême pauvreté de la population ?

AGD : Notre principal problème en Centrafrique c’est qu’au fil des ans et à cause de cette lente descente aux enfers que connaît notre pays, nous avons perdu confiance en nous, individuellement et collectivement. Cela se traduit par beaucoup de ressentiment et de comportements défaitistes. Il nous fallait un électrochoc pour ouvrir les yeux sur nous-mêmes et sur notre pays. Cet Electrochoc, nous l’avons eu et de la pire des manières ! Nous le subissons depuis mars 2013 et il continuera de faire des ravages pendant de longues années encore. Mais l’effet électrochoc est bien là : je sens qu’il se passe aujourd’hui chez le centrafricain quelque chose d’important. En effet, je sens monter chez chacun de mes compatriotes une forme de révolte positive, faite de patriotisme, de la peur de perdre son pays et son identité, d’une forte détermination à le sauver et de beaucoup d’exigence vis-à-vis de la classe politique. Ceux qui aspirent à diriger la RCA demain doivent comprendre que ce n’est plus le même peuple et qu’il faudra désormais que l’homme politique s’inscrive dans une logique de recherche permanente de l’excellence.
S’agissant de mon offre politique, son objectif premier est de refaire de la RCA un pays normal, ce qu’elle a cessé d’être depuis des décennies. Cela peut faire sourire mais c’est la première des priorités, qui nécessitera plusieurs années de travail assidu. Prendre des raccourcis populistes, c’est chercher à bâtir sur du sable, à des fins exclusivement électoralistes. La normalisation de notre pays est un véritable chantier de refondation, avec d’importantes réformes qui devront être transformées en actions. Elles feront l’objet de textes réglementaires nouveaux, mais également d’une application rigoureuse de ceux, nombreux et excellents, qui croupissent dans les tiroirs. On n’invente pas la roue.
Quand nous aurons reconstruit une Nation et un État, nous ferons disparaître ce que vous appelez « La malédiction » de notre pays. Pour cela, il nous faudra investir énormément dans les ressources humaines qui sont, en principe, la première richesse d’un pays. C’est aujourd’hui et de très loin le principal challenge auquel fait face la RCA. Ce n’est qu’a ce prix que nous pourrons espérer avoir demain un pays en paix et en sécurité, des lois qui sont respectées, une main d’œuvre bien formée et qualifiée, une jeunesse dynamique et compétitive et des dirigeants qui rendent compte. C’est dans une Centrafrique apaisée et mieux organisée que l’exploitation de nos immenses ressources naturelles pourra générer une croissance forte et durable.

LPRCA : En dehors de l’aide budgétaire que la Communauté Internationale accorde constamment à la Centrafrique, le pays ne vit que d’une assiette fiscalo-douanière. Admettons que les partenaires impliqués dans la crise actuelle suspendent cette aide salvatrice, comment compteriez-vous financer vos projets de société et surtout faire face aux dépenses de fonctionnements, plus particulièrement les salaires ?

AGD : Tous les pays du monde vivent des taxes collectées par l’Etat, ce que vous appelez l’assiette fiscale. La différence se trouve dans la taille de cette assiette. La nôtre est réduite à sa plus simple expression, parce que le nombre de nos contribuables est aujourd’hui très limité. La conséquence est que, l’Etat ne comptant que sur ce petit nombre d’entreprises pour financer ses dépenses régaliennes, certains d’entre eux corrompent quelques fonctionnaires véreux pour échapper à ce qu’ils perçoivent comme un harcèlement de l’Administration.
Notre défi consistera donc à créer les conditions pour attirer plus d’entreprises privées dans notre pays, susciter l’intérêt des centrafricains vers le monde des affaires et créer les conditions pour qu’ils deviennent des opérateurs économiques, en leur garantissant notamment la formation et les financements nécessaires pour créer et gérer leurs propres entreprises. Nous avons la chance que notre pays dispose d’énormes potentialités dans beaucoup de domaines : agriculture, élevage, pêche, tourisme, mines, forêts, artisanat. En organisant le secteur privé dans chacun de ces secteurs, l’Etat contribuera à créer beaucoup plus de richesses et d’emplois, ce qui augmentera sensiblement l’assiette fiscale et lui fournira plus de moyens pour couvrir ses dépenses régaliennes et réaliser les nombreux investissements socio-économiques (routes, électricité, écoles, hôpitaux, etc.) qui font cruellement défaut à notre pays.

LPRCA : Sous les transitions de Djotodia et Samba-Panza, plus de 4000 fonctionnaires ont été intégrés dans l’administration centrafricaine. Ces derniers travaillent depuis lors sans solde. A ce qu’il parait, la Communauté internationale refuse de prendre leurs traitements et salaire en compte. En tant qu’ancien ministre de l’économie et économiste de carrière, quelles dispositions prendrez-vous rapidement pour éviter un malaise social si vous accédez au pouvoir ?

AGD : Si les chiffres que vous avancez sont vrais, ils sont inquiétants parce qu’excessifs au regard des moyens de l’Etat. Dans un pays en crise, ou les salaires des fonctionnaires sont payés par la Communauté internationale, toute démarche de renforcement des effectifs de la fonction publique devrait tenir compte des besoins de l’Etat et de ses moyens. Il faudra mettre de l’ordre dans les effectifs, mais aussi dans la qualité des différentes catégories du personnel de l’Etat.

LPRCA : Quelle mesure, le banquier et économiste DOLOGUÉLÉ compte prendre pour assainir les finances publiques et lutter contre les détournements de fonds publics devenus sport national en Centrafrique ?

AGD : Payer l’impôt est une obligation du contribuable, à condition qu’il lui soit demandé de payer ce qu’il doit. Ni plus, ni moins. J’y veillerai et vous serez surpris des sommes colossales qui ne sont pas recouvrées, parce qu’elles ne sont jamais réclamées. Si chacun paye ce qu’il doit, les corrupteurs et les corrompus seront plus facilement identifiés et punis par la Loi. Quant aux finances publiques, nous créerons un office des recettes doté d’une personnalité juridique adéquate et des moyens modernes. Cet office devra atteindre des objectifs quantitatifs et qualitatifs, dans une logique d’obligation de résultats. Notre nouvelle Constitution prévoit – et c’est l’une des recommandations fortes du Forum de Bangui – une institution chargée de veiller sur la bonne gouvernance et de lutter contre la corruption. A l’instar des pays africains comme le Rwanda, la lutte contre la corruption à tous les niveaux sera la principale « marque de fabrique » de la nouvelle société centrafricaine que nous voulons créer.

LPRCA : Le pouvoir de Bangui semble tergiverser sur les dates exactes de la tenue des élections et de la fin de la transition. Ce qui est surprenant, tout le monde murmure et aucun homme politique ne donne de la voix. Que pensez-vous de cette situation? Quelles sont vos impressions concernant les élections et la fin de la transition ?

AGD : Depuis le mois de Janvier 2013, nous avons déjà connu trois Chefs d’Etat de Transition et trois Premiers ministres de Transition, avec un nombre jamais égalé à ce jour de ministres (on parle de plus d’une centaine), qu’ils soient au Gouvernement ou à la Présidence. La transition semble être une affaire très juteuse, mais il ne faut surtout pas en parler, sous peine d’être accusé de ne pas la soutenir. Pendant ce temps, les salaires sont payés depuis près de trois ans par la communauté internationale. Chaque fois qu’une nouvelle prorogation de la Transition est annoncée, le FMI, la Banque Mondiale et l’Union Européenne triturent leurs mécanismes pour trouver des fonds à mettre à la disposition de la RCA. Ces institutions annoncent aujourd’hui qu’elles ont déjà épuisé toutes les mesures exceptionnelles prévues par leurs textes et ne pourront plus rien faire au-delà de 31 Décembre 2015. Elles ne pourront désormais négocier qu’avec un gouvernement légitime. D’un autre côté nos voisins, qui sont les principaux pourvoyeurs des forces dans la MINUSCA et qui participent au financement des salaires et des élections, devront pour la plupart affronter des échéances électorales en 2016. Ils seront par conséquent concentrés sur leurs priorités nationales et leurs propres problèmes internes. Si l’on rajoute la menace terroriste de BOKO HARAM qui mobilise notamment les voisins du Cameroun et du Tchad et pour laquelle il faut forces et des financements, l’énorme vague d’immigration en Europe et la morosité des économies du Nord, j’ai bien peur que la RCA ne lasse la Communauté Internationale et ne soit abandonnée à son triste sort.
C’est donc devenu une urgence pour notre pays de se doter d’un Gouvernement légitime. Il n’est pas réaliste de penser qu’il faille régler tous les défis de la sécurité avant d’aller aux élections, même si j’admets que des élections mal organisées peuvent être sources de nouveaux problèmes. C’est pour cela qu’à mon avis, la MINUSCA devra enfin faire montre de la fermeté que je réclame depuis sa mise en place. Elle ne dispose désormais plus que de 2 mois pour mettre la main sur les chefs de guerre qui veulent porter un coup fatal au processus de normalisation du pays. Je ne pense pas que cela soit impossible. Cette action, couplée avec le lancement du pré DDR, une meilleure organisation de l’ANE, le bouclage des financements des opérations électorales et combinée avec un début de saison sèche d’ici fin octobre, permettront que les conditions d’organisation des élections avant fin décembre 2015 soient acceptables. Tout autre schéma nous emmènerait à tourner en rond.

LPRCA : Votre épouse est médecin et a longuement travaillé au sein des nations unies. Il semblerait qu’elle aurait mis sa carrière entre parenthèse pour soutenir votre candidature aux prochaines élections. Quel rôle joue-t-elle aujourd’hui ?

AGD : Mon épouse a surtout mis sa carrière entre parenthèse pour s’occuper de nos enfants encore mineurs qui, depuis le début de la crise, sont scolarisés en France. Elle avait pourtant une excellente situation professionnelle au sein de l’équipe de Direction du PNUD Congo, mais a tenu à me suivre quand j’avais pris la décision de rentrer définitivement à Bangui en septembre 2012. Depuis un an, elle a pris la présidence de l’association « Espoir & Avenir », qui mène des actions sociales dans le pays. Elle s’y investit beaucoup, mais je ne suis pas mécontent qu’elle accepte de temps en temps de faire du terrain, en Centrafrique comme en France, pour mieux faire connaître son candidat de mari.

LPRCA : Si vous accédez à la magistrature suprême, quel genre de Première Dame sera-t-elle ? Dirigera-t-elle aussi une fondation comme ce fut le cas de celles qui l’ont précédée en Centrafrique ?

AGD : Elle n’a aucune envie de devenir une femme politique. Elle est et continuera d’être un médecin parce qu’elle aime son métier et est très concernée par les problèmes de santé et l’amélioration des conditions de vie des plus démunis. Ses avis ont m’ont toujours été précieux et je continuerai d’y avoir recours. Si elle devient épouse de Chef d’Etat, elle saura trouver sa place. Il est possible de servir son pays sans forcément interférer dans les affaires de l’Etat.

LPRCA : Ces dernières décennies, les Centrafricains ont véritablement souffert des comportements des membres de la famille présidentielle qui se croient tout permis et interférent dans la gestion de la chose publique. Ce qui est inadmissible dans une démocratie. Le Centrafricain a aujourd’hui horreur d’une famille présidentielle qui lui fera ombrage et s’arrogera certaines prérogatives au mépris de toutes les règles d’un état de droit. Une fois au pouvoir, seriez-vous en mesure de mettre votre famille au pas ?

AGD : Dans un Etat organisé, ce que vous décrivez n’est pas possible parce qu’il y a des contrepouvoirs. Chez nous et de plus en plus, il y a une tendance à privatiser l’Etat avec un cynisme presque agressif. Les conséquences sont désastreuses et tous les candidats à l’élection du Président de la République devront tirer des leçons de passé et du présent pour éviter de prendre ces raccourcis dangereux. Pour ma part, j’ai quatre enfants, dont trois encore mineurs. Ce n’est pas eux qui joueront aux fils de Président, si j’étais élu. Quant à ma fille ainée, elle se tient loin de tout ce qui est politique. Ma famille au sens large sait que j’ai horreur des mélanges de genre. N’oubliez pas que j’ai déjà servi l’Etat à un niveau de décision très élevé.

LPRCA : Votre mot de la fin

AGD : Je souhaite que nous soyons tous moins contemplatifs. Je constate que les centrafricains – surtout les plus instruits – devisent à longueur de journée sur la médiocrité de la classe politique. Ceux qui choisissent de prendre des risques pour améliorer le sort de leurs compatriotes ne sont finalement qu’un échantillon représentatif de de la société centrafricaine et le reflet de ce qu’elle est devenue. On rêve tous d’un Messie qui viendrait sauver notre pays. Cela n’existe pas. Un homme politique n’est fort que de la qualité de ses collaborateurs et de l’engagement de ses partisans. Rester chez soi et se contenter des critiques n’améliorera ni l’entourage, ni le leadership de l’aspirant aux fonctions présidentielles. J’appelle mes compatriotes à plus d’engagement citoyen et à plus de combativité pour nous sortir de ce que vous avez appelé « La Malédiction centrafricaine ». J’ai toujours été et je reste ouvert à toutes les propositions intéressantes et constructives, à tout nouvel engagement militant ou partisan. Faisons le pour notre pays, faisons le pour la République Centrafricaine, le seul joyau que nous avons en partage.

LPRCA : Monsieur DOLOGUÉLÉ, merci

AGD : C’est moi qui vous remercie et bravo pour l’excellent travail d’information que vous réalisez.
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