Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Centrafrique    Publicité
aBangui.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Et si le président Idriss Deby était l’élément clé dans la résolution du conflit centrafricain ?
Publié le vendredi 16 octobre 2015  |  Les Plumes de RCA
Idriss
© Autre presse par DR
Idriss Deby Itno, chef de l’Etat tchadien et président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC)
Comment




Certains pays de la communauté internationale tentent de préserver leurs intérêts en Centrafrique en essayant d’opposer les chrétiens aux musulmans. La mayonnaise n’a pas encore totalement bien pris et la tension n’est pas encore à son comble. Le peuple centrafricain est très pacifique dans son essence. Mais attention ! Nous y allons fortuitement. Et une fois de plus, la preuve de l’implication de la communauté internationale dans cette poussée de la violence vient d’être relatée par Monsieur Dieudonné KOMBO YAYA http://takaparlenews.over-blog.com/2015/10/memorandum-les-revelations-de-dieudonne-kombo-yaya.html Alors essayons d’être plus réfléchis ou intelligents pour trouver la bonne stratégie.

En mars 2004, suite à une fusillade impliquant des militaires tchadiens qui avait causé la mort de dix civils centrafricains, dans un communiqué, le Président DEBY avait indiqué que “face aux accusations répétées (…) tendant à leur faire porter la responsabilité de tous les maux dont souffre la République centrafricaine”, la décision avait été prise pour que les soldats tchadiens quittent la RCA.

Nous constatons que depuis le retrait de ces soldats, on continue de tuer, de piller, de violer, l’insécurité demeure palpable sur l’ensemble du territoire centrafricain, le désarmement n’a pas été réalisé, etc. La population entière souffre.

Une fois de plus, nous avons vu la limite des forces de la Minusca lors des derniers événements du mois de septembre 2015. La Sangaris, sous prétexte de neutralité (ne pas désarmer la séléka pour éviter un bain de sang côté musulman) n’intervient quasiment plus dans les combats. Les soldats de la Minusca et la Sangaris ne sont pas venus en Centrafrique mourir pour une cause qui n’est pas la leur. Ils se tiennent à carreau lors des combats et laissent les centrafricains s’entretuer. Les FACA, comme je l’ai publié dans un écrit récent http://www.lesplumesderca.com/rca-nous-revons-plus-que-nous-analysons/ sont hors course. Le KM5 entouré de quartiers occupés par les antibalaka-FACA (Boeing, Miskine, Fatima, voir Combattant, etc.) est devenu une “citadelle imprenable” où règne l’impunité. Un plan de combat minimal de la part des FACA aurait suffit à récupérer la zone 5. Malheureusement les FACA n’existent plus.

La médiation emmenée par le Président SASSOU NGUESSO a accouché d’une souris. En ce moment, il est plus préoccupé par sa situation personnelle, le référendum pour modifier la Constitution congolaise que par la situation centrafricaine. Le Président BONGO n’a pas une expérience consistante dans la gestion des conflits, il ne s’intéresse guère à ce qui se passe chez nous. Le Président BIYA impliqué dans l’affaire BOZIZE est donc discrédité. La classe politique centrafricaine est préoccupée par la question des élections que par la terreur imposée par les brigands à la population. Ils veulent tous aller devenir président, c’est leur seule obsession. La population terrorisée et traumatisée par toutes ces violences n’ose pas s’affirmer. Elle est entre le marteau et l’enclume.

Le Président DEBY entretient des relations très obscures avec les leaders politiques centrafricains. Il connaît parfaitement les tenants et les aboutissants du conflit centrafricain, y compris le degré d’implication des hommes politiques centrafricains. C’est lui comme disait DE KITIKI “qui semble tirer les ficelles du théâtre des Guignols à Bangui“. Du coup d’Etat de BOZIZE en 2003 à celui de la Séléka en 2013, le Président Idriss DEBY a été le faiseur des rois et le parrain des politicards centrafricains.
Nul doute que le Président Idriss DEBY souhaite disposer d’un Homme fort de confiance à la tête de l’Etat centrafricain pour protéger les intérêts et les frontières tchadiens. Il est tout à fait dans son rôle : protéger le peuple et les intérêts de ses concitoyens.

Face à l’impuissance de la classe politique centrafricaine d’unir leur force et d’assumer leurs responsabilités, face à une jeunesse centrafricaine timorée, divisée, corrompue, traumatisée par les atrocités qui se sont déroulées dans le pays, face à une population centrafricaine désœuvrée et prise en tenaille entre les bandits de séléka et antibalaka, face aux nombreux théoriciens de la diaspora, incapables de manifester à la hauteur des souffrances du peuple centrafricain, face à l’absence d’une Armée organisée, capable de combattre, face à l’inexistence de l’Etat, il est temps de réexaminer les rapports de force en présence afin de trouver une sortie honorable à ce conflit et mettre fin à la souffrance du peuple.

Ce rapport de force s’établit en tenant compte de la force militaire, des liens politiques, de l’économie, de la démographie ou de la maitrise des ressources naturelles. Or sur ces points, la République centrafricaine occupe le dernier rang du trio France-Tchad-RCA. La Centrafrique est nue et “on a beau dire mais quand on est nu, même au diable on souhaite la bienvenue”.

Comme disais-je plus haut, mandat vient d’être donné au Président tchadien par la France pour régler le conflit centrafricain. Dans la sous-région, le Tchad dispose d’une Armée aguerrie qui a déjà fait ses preuves au Mali et face aux kamikazes de Boko Haram. Même si les opinions, quant à son leadership militaire, sont aléatoires, il n’en demeure pas moins que l’Armée tchadienne reste apte physiquement et psychologiquement à combattre partout dans le monde contrairement à nos FACA. Dans le même temps, le Président DEBY a prit le leadership sur ses pairs de la sous-région. Enfin, n’oublions pas que c’est au Tchad que la France a installé son commandement, le cerveau de l’Opération Barkhane avec 1200 éléments, des Rafales et Mirages 2000, des drones, etc. Donc la France qui soutient DEBY, la messe est dite.

Avec ce soutien, le rapport de force est de facto à l’avantage de DEBY. Pour cela, je crois qu’il est temps de d’arrêter notre crise d’autolâtrie et d’engager de réelles discussions avec l’ennemi d’hier pour reconstruire notre pays dans la paix et la sécurité. La stratégie vise à laisser le Président DEBY entreprendre des négociations avec les acteurs de cette crise afin de faciliter le retour de la sécurité et de la paix dans le pays, en lui octroyant comme contrepartie, le choix du futur Homme fort de la RCA qui saura préserver les intérêts et les frontières tchadiens en Centrafrique. Il nous faut dire la vérité, c’est peut-être ça le prix à payer pour retrouver la paix.

Nous pourrions ainsi profiter de cette accalmie pour remettre l’Etat centrafricain debout, réorganiser l’Armée, redonner vie à l’économie centrafricaine, relancer l’éducation nationale, soigner les traumatismes et les blessures liés au conflit, créer une structure solide permettant à la diaspora centrafricaine d’investir dans le pays, etc. Nous pourrions profiter de ce moment pour imaginer et préparer l’inversion des rapports de force avec le Tchad. Le Président DEBY n’est pas éternel et à chacun son tour chez le coiffeur.

“Ne pas céder à ses égaux, mais bien se comporter avec les forts, user de modération avec les faibles : voilà les conditions essentielles de la prospérité d’un Etat”.

Martial ADOUMBOU
Commentaires

Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment

Comment