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Le scrutin général en Centrafrique, "un franc succès"
Publié le samedi 2 janvier 2016  |  Al Wihda
Elections
© AFP par Issouf Sanogo
Elections : les Centrafricains votent pour élire un président de la République et les députés
Mercredi 30 Décembre 2015.Les Centrafricains votent pour élire un président de la République et les les nouveaux députés de l`Assemblée nationale.
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La sécurité, l'affluence et la transparence ont été au rendez-vous, selon des témoignages concordants recueillis par les médias nationaux et internationaux, même si des problèmes logisitiques ont marqué le déroulement du scrutin.

Salué internationalement, le premier tour des élections présidentielle et législatives en Centrafrique a été un "franc succès", tant sur le plan sécuritaire qu'à l'aune des critères de l'affluence et de la transparence de ce scrutin censé sortir le pays d'une période transitoire, encore que quelques problèmes logistiques aient perturbé son déroulement.

Le constat d'Aurélien Agbénonci, l'adjoint du chef de la Mission onusienne, MINUSCA, est sans appel; "aucun incident sécuritaire n'est venu entacher les opérations de vote sur toute l'étendue du territoire national", a-t-il déclaré à la presse.

Le maire de l'enclave musulmane PK5 de Bangui, Atahirou Balla Dodo, abonde dans le même sens. Quoiqu'ayant été l'épicentre de violences pendant le référendum constitutionnel du 13 décembre dernier, "aucun souci sécuritaire majeur ni mineur n'est venu gâcher l'ambiance du vote" dans ce quartier, a-t-il déclaré.

"On n'a eu aucun problème, tout s'est bien passé", confirme Saoudi Abdulrahmane Dodo, l'un des porte-parole des Musulmans du PK5, dans une déclaration à Anadolu.

En plus de se démarquer des violences connues pendant le référendum, ce scrutin rompt avec une ambiance délétère faite de méfiance intercommunautaire qui avait régné jusqu'à il y a quelques semaines.

"Une situation inédite où Musulmans et Chrétiens votaient, côte à côte, avec engouement et détermination, sans menaces, sans coup de feu", s'est réjoui Abdulrahmane Dodo.

Cette "'détermination" a été traduite par une affluence "massive". Pour Marie Noelle Koyara, Ministre d'Etat à l'Agriculture, "trois électeurs sur quatre se sont déplacés pour ce scrutin", censé sortir le pays d'une transition politique installée début 2014.

Même si aucun chiffre officiel n'a encore été divulgué, des observateurs s'accordent sur un taux de participation "dépassant les 60%" de quelque 1.4 électeurs inscrits (sur 4.8 millions d'habitants).

Les opérations de vote se sont également tenues "massivement et dans le calme" dans des pays voisins, notamment au Cameroun et au Tchad voisins où quelques centaines de milliers de réfugiés centrafricains vivent dans des sites depuis 2013, quand la situation humanitaire et sécuritaire s'est dégradée dans leur pays.

Ainsi, sur plus de 13.500 inscrits dans le centre de vote de la ville de Sarh (Sud du Tchad), 12.486 ont déjà voté, avait indiqué à Anadolu en fin d'après-midi, Amadi Laurent Bangassou, consul de la République centrafricaine à Sarh.

"Les Centrafricains se sont vraiment mobilisés, ils ont envie d'en finir avec cette crise et d’élire un Président qui viendra leur donner un nouveau espoir" assure, Leonie Banga- Bothy, Ministre-conseiller à la Présidence centrafricaine chargée des affaires diplomatiques, dépêchée de Bangui pour superviser les élections à Sarh et dans tous les sites des réfugiés centrafricains du sud tchadien.

Une bonne affluence a par ailleurs été enregistrée dans plusieurs localités du Cameroun, a relevé Anadolu en se basant sur les témoignages de superviseurs électoraux locaux, tel Alain Bambo, président du centre de vote de la ville de Garoua-Boulaï (Est).

En outre, et selon un membre de l'Autorité des élections contacté par la presse, "peu d'irrégularités [fraudes, ndlr] ont été portées à la connaissance de l'ANE [jusqu'à jeudi]."

"Ce qui préjuge de la transparence de ces élections", précise la même source.

Souleymane Ndiaye, chef de la Mission de l'observation électorale de l'Union africaine (UA) a ainsi salué, sur une radio locale, la bonne tenue de ces élections" à travers lesquelles les Centrafricains ont marqué leur détermination à aller vers le retour à la légalité constitutionnelle", rompue à la suite d'une crise sécuritaire et humanitaire qui a fait des centaines de milliers de victimes, entre morts, réfugiés et déplacés.

Amadou Roufaï, chef d'un bureau de vote dans l'enclave de PK5 et membre d'une cellule locale de l'ANE, parle aussi d' "un scrutin réussi", à en juger, notamment, par son caractère "transparent", a-t-il déclaré.

"Pour les irrégularités objectives [logistiques] enregistrées, il ne faut pas oublier qu'il s'agit avant tout d'élections de crise", minimise-t-il.

Dans près de 14% des bureaux de votes, en effet, ont été relevés des problèmes logistiques, a souligné, le Béninois Aurélien Agbénonci.

Des incidents confirmés par l'ANE dès mercredi, dans un communiqué où elle prévoyait déjà de nouvelles "élections partielles".

En raison notamment d'"erreurs matérielles (..) sur des bulletins de vote", un retard avait été enregistré "dans plusieurs circonscriptions électorales" dans le pays, avait reconnu l'Autorité nationales des Election.

Des bulletins de vote étaient, en outre, indisponibles dans quelques bureaux de vote, parfois pendant toute la journée, comme cela a été le cas dans le 6ème arrondissement de la capitale.

S'exprimant jeudi sur les ondes d'une radio locale, Rufin Ngoade Baba porte-parole de l'ANE a également tenu à "rassurer" candidats et électeurs sur la réorganisation des élections dans ces bureaux.

Le scrutin général du 30 décembre tient sa réussite aux leçons tirées du référendum du 13 décembre dernier, particulièrement sur le plan sécuritaire, estiment des observateurs.

Des médiations régionale et internationale auront permis, dans l'entre-deux-scrutins, de neutraliser la menace sécessionniste d'un groupe rebelle qui a saboté l'opération référendaire dans les zones sous son contrôle (Nord).

Un meilleur déploiement des forces internationales dans les points chauds du pays aura aidé, en outre, à juguler d'autres menaces de ce type.

La prise de consciences des Centrafricains, enfin, qui s'est traduite par une grande mobilisation, a été le troisième facteur déterminant dans cette réussite, selon ces observateurs.

Celle-ci attendra toutefois confirmation dans un second tour, prévu fin janvier. Les législatives seront couplées avec la présidentielle, dans le cas où aucun de ses 30 candidats n'arrive à avoir la majorité absolue dès le premier tour.
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