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Me Lin Banoukepa : «J’ai dit qu’il y a eu un déficit. Il y a une responsabilité partagée, c’est pourquoi je suis ici au nom du président Bozizé pour dire pardon au peuple centrafricain en disant qu’il a failli comme nous tous»
Publié le vendredi 1 aout 2014  |  Centrafrique Libre
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© Autre presse par DR
Me Lin Banoukepa avocat au barreau de Paris
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Une sommité de la politique qui était très active à Brazzaville s’est approchée de Centrafrique Libre pour nous faire part de ses impressions sur le forum inter- centrafricain qui s’est déroulé du 21 au 23 juillet. Sur tous les fronts, ne ménageant aucun effort pour rétablir l’ordre constitutionnel en Centrafrique et le président déchu François Bozizé, Me Lin Banoukepa avocat au barreau de Paris est le rejeton d’un infirmier et ancien maire M. Robert Banouképa et de Méya Claire, tous de l’ethnie Banda Linda de la Ouaka, cette préfecture disputée actuellement par la Séléka.

Chrétien, ce docteur en Droit privé, pédagogue formateur, et avocat a fait ses débuts en politique aux côtés de son aîné le défunt président Ange Félix Patassé dont il fut à une époque un des conseils attitrés.

Banoukepa est le président fondateur du PDI, parti pour le développement intégral de la RCA et membre co-fondateur du FROCCA( Front pour le retour à l’Ordre Constitutionnel en Centrafrique) dont il en est le coordonnateur.

A Brazzaville c’est en tant que représentant personnel du président déchu François Bozizé que cet ancien attaquant d’un des plus grands clubs mythique du football centrafricain, le Sporting Moura a répondu à nos questions.

Centrafrique Libre :Bonsoir M. Banouképa, le forum inter centrafricain vient de se terminer en beauté même si un accord de cessez le feu a été obtenu au forceps, êtes vous satisfait d’avoir fait le déplacement de Brazzaville ?

Lin Banoukepa : Nous nous sommes retrouvés tous centrafricains d’entité politique que gouvernementale au tour du médiateur pour la Centrafrique le président Denis Sassou Nguesso. En soi c’est un succès car c’est une première depuis l’éviction du président François Bozizé le 24 mars 2013 par une horde de rebelles venus de l’extérieur. Le second quand vous me parlez d’arrachage d’un accord non, un accord ne peut être arraché. Tout ce qui se dit, arracher présume une contrainte, une obligation de faire.

CL: Oui Monsieur Banoukepa la séléka s’était absentée dès le second jour de ce forum et a réaffirmé ses velléités partitionnistes et a même appelé à la démission de la présidente Samba-Panza. Elle même monté les enchères avant de signer le dit accord ?



LB : La Séléka étant une association pluri tendancielle à partir de là vous comprenez la difficulté pour celui qui était en charge de dire leur position en l’absence des autres Djotodia, Nourredine Adam, Tiangaye, Ziguélé, il fallait un des leurs capable de tant de contorsions intellectuelles et politiques pour arriver à le dire.

CL :Vous considérez les anciens premiers ministres Ziguélé et Tiangaye comme des membres de la Séléka alors qu’ils président des partis politiques, êtes vous sur de vos allégations ?

LB : Je vous en prie on ne peut pas tordre le coup à l’histoire, Tiangaye est le premier ministre de Djotodia qui est un Séléka putschiste. C’est unis et en faisant partie d’une entité unique qu’ils étaient à Libreville le 11 janvier 2013 pour arracher des mains du président Bozizé le pouvoir. Libreville a consacré Tiangaye premier ministre, et Djotodia vice premier ministre chargé de la défense, c’est ainsi qu’ils vont intellectualiser le coup d’Etat du 24 mars 2013. Au prétexte qu’il était malade Djotodia avait effectué un déplacement à Libreville où il était revenu probablement avec une pathologie non définie par les médecins gabonais qui devraient se trouver à Damara ou Sibut pour rentrer guéri et prendre le pouvoir. Que cela ne vous étonne pas la charte constitutionnelle transitoire n’a pas été écrite par Djotodia ni Nouredine ni Daffane mais bien par Me Tiangaye qui est avocat qui sait écrire ses formes d’écriture juridique.

CL : En quoi tient ce traitement de sélékistes?

LB : Mais la Séléka n’est pas en soi une abîme sociale

CL : Vous vouliez plutôt les accuser d’être de connivence avec la Séléka comme certaines langues le disent ?

LB : Vous l’aviez aussi dit, je l’ai lu sur votre site. En ligne j’ai vu les photos de N’Djamena où ils étaient tous triomphants le 22 novembre 2012. Ce n’est un secret de polichinelle, ce n’est pas une honte. On leur reconnaît des qualités leur capacité à s’associer pour ourdir tout ce complot, mais aujourd’hui nous leur pardonnons çà. Nous les appelons tout simplement à retrouver la centrafricanité par une volonté de réparer ce que eux autant que nous de notre côté on a failli. Mes frères et sœurs qui étaient autour du président Bozizé s’ils étaient capables de gouverner, s’ils étaient capables de protéger le pays, de protéger les institutions sous la coupe du président déchu que je représente, on aurait pas face à cette déferlante des rebelles venus de tous les pays, de tout horizon avec une seule unicité qui est l’ordre confessionnel musulman.

CL : Le président Bozizé n’a même pas une part de responsabilité dans la banque route de ce pays d’après vous ?

LB : Je pense que vous m’écouterez très attentivement. A cette question je viens d’y répondre. J’ai dit qu’il y a eu un déficit. Il y a une responsabilité partagée, c’est pourquoi je suis ici au nom du président Bozizé pour dire pardon au peuple centrafricain en disant qu’il a failli comme nous tous. Et puisque Bozizé n’est pas lui seul sergent, médecin, inspecteur des impôts, tous les centrafricains y compris moi-même et vous, avez failli parce que vous n’étiez pas capable de communiquer ou de participer à l’éducation sociale politique tendant à élever la conscience ou la centrafricanité de nos citoyens.

CL : Revenons sur ce forum qui a été marqué au premier jour par des velléités partitionnistes de la RCA par le représentant de Djotodia, M. Mohamed Dhaffane qui contre toute attente s’est rétracté en tenant un discours digne d’un homme d’Etat deux jours plus tard, croyez vous qu’il était sincère ?

LB : Je serai très modeste et simple. Je n’ai aucun outil pour mesurer et quantifier la sincérité du frère Dhaffane. Une chose est certaine, il appartient à un ordre politique qui n’a pour objet comme Lepen à Paris que le recroquevillement sur soi, c’est-à-dire la partition.

Ils veulent être dans un espace en Centrafrique où règnerait leur rêve idéologique qui est celui de vivre entre eux confessionnellement. Je suis heureux que le lendemain, il s’amende et sous réserve il dit j’opte tout simplement pour la signature de ce qu’on appelle un appel à la cessation des hostilités. Mais il ne nous a pas dit qu’il renonce aux conclusions de leur congrès de Ndélé qui date de deux mois à l’issue duquel ils ont fixé à Bambari leur état major. Je constate qu’après l’ouverture du forum le 21, les membres de l’Etat major de la Séléka ont été acheminés en provenance de Birao. Sans preuve, je leur accorde un bénéfice du doute tout en espérant qu’ensemble nous puissions construire comme dirait l’autre un Centrafrique uni, un Centrafrique de paix, un Centrafrique de centrafricain et de centrafricanité.

Interview réalisée à Brazzaville par Wilfried Maurice SEBIRO
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