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BLOG/ Faustin Touadera a-t-il les capacités pour gérer la Centrafrique ?
Publié le mercredi 20 avril 2016  |  LNC
Faustin-Archange
© Autre presse par DR
Faustin-Archange Touadéra, nouveau président de Centrafrique
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Les premiers signaux envoyés par le nouveau président de la Centrafrique peuvent soulever des interrogations et des inquiétudes. Est-il vraiment l’homme de la situation pour cette Centrafrique plongée au fond des abysses ?
BACKGROUND

.Ce dit universitaire, professeur de mathématiques n’a pas la réputation en politique d’être un homme courageux et audacieux.

Pendant 5 ans, il a été le premier ministre de l’abominable François Bozizé (2008-2013), et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fut un serviteur très servile aux ordres de son maître sans faire d’actions d’éclat.

Il n’a jamais rien contesté des décisions allant contre le respect des Droits de l’homme de Bozizé.

Transparent sous Bozizé, sera-t-il plus lisible seul aux manettes désormais ?

Aussi, devenu président par hasard, voici 5 raisons de s’inquiéter.
1- UNE ABSENCE DE PROGRAMME POLITIQUE

Le programme politique de changement de la Centrafrique pour le président Touadera est aussi épais qu’une feuille de papier à cigarette, car il n’en possède pas.

Dans l’essentiel de son discours d’investiture, il ne s’est borné qu’à espérer une aide financière e la communauté internationale.

Aucun projet sur sa manière de rétablir le pouvoir de l’État dans tout le pays, ni de lutter contre la mainmise de la moitié du territoire dans les mains des bandes armées Séléka et Anti-Balaka.

Sur ces points, il fut flou, ne se bornant qu’à évoquer le processus DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration). Un processus qui n’a jamais fonctionné en République Centrafricaine, faute de réelles volontés politiques ni de moyens alloués. Et Touadera n’a pas dévoilé comment il allait réussir ce tour de passe passe.

Comment par ailleurs réussira-s’il à relancer une économie par terre, alors que l’État ne perçoit qu’à peine 10 % de ses revenus fiscaux ? Il n’en parle pas .
2- UNE MENTALITE RETROGRADE

Sa première décision publique, car la vie privée d’un chef de l’État impacte son action politique et son image, a été de se marier avec ses deux concubines.

Confortant ainsi dans le pays cette pratique moyenâgeuse et dégradante pour les femmes.

Une erreur d’image que ne commettrait jamais son ex opposant malheureux à la présidence Dologuélé – plus occidentalisé, plus moderne, pour se perdre dans une telle pratique de chef de village.

Une action que la communauté internationale a peu apprécié, notamment aux USA, où à la Maison Blanche, on ne se gêne pas pour parler d’un nouveau « Roi nègre en RCA » .

La polygamie en Occident étant mal vue, Touadera lui a envoyé un très mauvais signal. Mais en RCA, les hommes le trouvent honnête en agissant de la sorte. Il vaut mieux épouser ses maîtresses que de les tenir dans l’ombre. Argument qui vaut ce qu’il vaut.
3- UN MANQUE DE COURAGE

Beaucoup d’activistes d’ONG sur les Droits de l’homme attendaient de lui, au moins un mot sur les dénonciations de viols d’enfants centrafricains par des soldats de l’ONU et par des soldats français, qui eux poussaient l’abominable jusqu’à contraindre de jeunes adolescentes à des actes de bestialité.

Par manque de courage, Touadera n’a même pas eu un mot, pour serait-ce qu’évoquer le sujet. La peur de perdre le soutien de la France étant si grande, qu’il préfère botter en touche.

Et dans la foulée, il a reçu le baiser du diable, en la personne de Charles Malinas, l’ambassadeur de France à Bangui qui le félicitait très chaleureusement. Tout va donc très bien !
Manifestement, il n’a pas l’étoffe du héros.
4- UN SOUCI POUSSE DE SON IMAGE

N’était-il pas encore officiellement installé comme président qu’il multipliait les déplacements dans la sous-région (Congo, Angola, Tchad, etc.), mais en tant que qui ?

Une précipitation qui en avait étonné plus d’un ; D’autant plus que ces déplacements furent d’un apport néant à la RCA. Le président tchadien qui le reçut assez froidement s’en étonnât d’ailleurs en privé.
5- L’ENTRETIEN DES MEMES ERREURS

Pour ceux qui ne le savent pas, la Centrafrique est le seul pays au monde où l’on ne peut y circuler librement sans se faire arrêter par des barrières sur les routes, légales (gendarmerie) ou illégales (bandes armées), pour se faire rançonner de quelques billets de F CFA.

Le nouveau président n’a pas prévu du tout de supprimer cette pratique à la soviétique.

Les confusions des genres

La Constitution de pays, très mal écrite et empreinte de contradictions, déclare qu’il est laïc, ce qui signifie que toute pratique de la foi religieuse relève du domaine du privé, et non du public.

Or, nonobstant, le président élu jure « au nom de Dieu » . Ce qui est en contradiction avec le principe de la laïcité du pays.

Le fait n’a pas dérangé Touadera quand il avait prêté serment au ‘nom de Dieu’.

Dans la lignée, son actuel premier déplacement « officiel » à l’étranger est d’aller au Vatican faire allégeance au Pape chrétien de l’église catholique et romaine.

Une telle visite en privé serait acceptable, certainement pas en ‘Officiel’.

Et ce ne sera certainement pas de cette manière qu’il apprendra aux centrafricains, analphabètes à plus de 85 %, à évoluer socialement et culturellement, de cesser de mélanger les genres, étant lui-même le premier à se perdre dans ces confusions de genre.

Un chef d’état dit ‘intellectuel’ – ce qu’il ne démontre pas – s’en remettant à la subjectivité et à la foi pour gérer son pays, c’est inquiétant sur ses capacités de lucidité et d’actions concrètes.
CONCLUSION

Faustin Archange Touadera ne sera certainement pas le nouveau Thomas Sankara.

Ce fonctionnaire est un DEUX pas un UN

Ce ne sera pas de lui qu’il faudra par exemple attendre enfin une remise en cause du diabolique système CFA, cette pratique monétaire coloniale destinée à empêcher le développement des pays africains francophones et à les asservir.

Ce ne sera pas de lui non plus qu’il faudra attendre des réformes de fond en Centrafrique pour radicalement mettre ce pays enfin sur la voie développement .

Sa seule intention pratique est de ré-électrifier Bangui sans délestage. Cela ne va pas bien loin. Le reste du pays devra continuer avec les lampes à pétrole.

On ne change pas un fonctionnaire sans vision, sans perspectives et décadent d’un coup de baguette.
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