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Centrafrique : révélation rocambolesque escroquerie à l’héritage, les juges, complices du malfaiteur.
Publié le mercredi 22 novembre 2017  |  Corbeau News Centrafrique
Palais
© Autre presse par DR
Palais de justice à Bangui
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Certaines pensées continuent de penser que dans l’Administration centrafricaine, se sont seuls les douaniers qui vivent l’opulence. La fonction de magistrat, bien qu’ayant un statut participer n’est pas enviable. En raison, les syndromes de la pauvreté qui collent sur la peau de certains membres de la famille des magistrats. Mais les actes et les comportements de certains d’entre eux laissent planer de doute quant aux problèmes financiers qu’ils endurent. De la corruption sévère à la malversation, les noms des magistrats ne cessent d’être cités. La dernière en date, c’est dans l’affaire dite de l’escroquerie à l’héritage dans laquelle certains magistrats sont impliqués directement d’après une enquête menée par CNC dans les locaux du tribunal à Bangui. Exclusivité CNC, reportage.

Tout a commencé par un appel à l’aide d’une veuve que nous avons rencontrée dans les locaux du Tribunal de Grande Instance de Bangui. Après une brève attention particulière portée à ses explications, nous avons décidé d’enquêter son affaire que nous définition désormais de l’escroquerie à l’héritage, impliquant toute une chaîne de décision au sommet de la justice du pays.

Du deuil à l’héritage…

Il y’a deux ans environ, la famille Vickoula est décimée par trois disparitions regrettables. Le père du foyer et deux de ses enfants, tous deux officiers dans l’armée centrafricaine. Alors que le clan Vickoula est encore sous le choc de cette triple disparition en une seule année et poursuit leur deuil avec les orphelins et veuves laissés, l’un des membres de la famille surnommé Sylvain réfléchit quant à lui à la façon dont il pourrait retirer frauduleusement tout l’argent laissé sur le compte de ses frères décédés. Et la seule manière d’y parvenir, selon ses propes expressions, « il faut composer avec certains cadres de la banque de son frère défunt ». Il décolle ainsi sur le dossier de son frère Félix, désormais, ex-lieutenant des FACAs et le plus jeune des deux frères disparus. A la banque pour un premier retrait, il casse sa figure sur un imprévu acte d’héritage. On lui demande de produire la décision de justice le désignant héritier de son frère défunt, Félix. De là, il décide de « composer aussi avec les juges », autorités habilitées à délivrer ces types de documents.

Du tribunal à la banque pour un retrait bancaire de 25 millions de FCFA.

Réagissant aux obstacles rencontrés à la banque, notre escroc, le compositeur Sylvain, se pointe le lendemain au tribunal de grande instance de Bangui pour un tête-à-tête avec des juges. Deux magistrats sautent sur le projet et s’accaparent le dossier.
Comme la loi le prévoit en République centrafricaine, la décision pour le choix d’un ou plusieurs héritiers revient à la famille du défunt qui, le plus souvent, décide après un conseil ou réunion de famille. Le juge quant à lui, n’intervient que pour matérialiser juridiquement la décision prise en famille et l’audition des témoins qui y ont assisté à cette réunion. Dieu merci, en Centrafrique, si on a l’argent, on s’achète tout. Même la conscience du Pasteur.
Notre escroc Sylvain, après paiement, a pu avoir de ces deux juges en trois jours sa décision le désignant l’héritier du son frère ainé le défunt Félix Il a promis, au sortir des locaux du tribunal, de passer pour les deux autres jugements, celui de son père et de l’autre frère.
Avec un jugement authentique dans une chemise cartonnée jaune en main, il s’arroge juridiquement du droit à l’héritage sur les biens financiers et matériels de son frère aîné au détriment de ses enfants biologiques et de la veuve, qui ne sont d’ailleurs au courant de rien.
Direction, la banque à nouveau. Muni de son faux vrai document de l’héritage, notre Sylvain a pu retirer 25 millions de francs CFA sur le compte de son frère défunt Sylvain. Phase une de l’affaire accomplie. Dit-il.
Le nouveau train de vie de Sylvain dans le quartier fait peur à la famille qui s’interroge et décide de comprendre. Plusieurs pistes sont tracées dont celle d’un retrait frauduleux sur des comptes bancaires de la famille. Une semaine après, l’affaire s’éclatée c’est la dernière piste qui est vraie. Il est arrêté par les policiers de l’office centrafricain de répression de banditisme OCRB à Bangui. Là encore, son argent vole à son secours et il est libéré de la prison.
Avant de quitter Centrafrique pour Nigeria, son pays de transit, le sieur Sylvain nous a raconté sa démarche telle qu’elle écrite dans le reportage et compte au passage les dépenses qui y vont avec : 600 000 F CFA pour chacun des trois juges qui lui ont délivré le document de la succession et 2 millions de francs CFA pour les policiers de l’OCRB pour obtenir sa libération avant son déferrement.
Actuellement, la veuve et les enfants orphelins de Félix encore mineurs ne savent plus quoi dire et faire. Tribunal, banque, maison, c’est désormais le plan triangulaire de la marche quotidienne de la veuve. Elle se dit « perdue ».
Pour un cadre du ministère de la Justice, il est très difficile dans ces cas de dénicher le fautif entre le greffier et le magistrat.
Quant aux juges signataires du vrai-faux document, c’est un non-évènement. Ils bouchent leurs oreilles quand ils passent devant la veuve en quête de solution. Il y’a besoin pressant d’une reforme déontologue du métier des juges afin de pallier à certains manquements observés chez certains magistrats.
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