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Un Darfour pacifié possible facteur d’apaisement en Centrafrique
Publié le samedi 16 decembre 2017  |  Agence Centrafrique Presse
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© Autre presse par DR
Le président centrafricain Faustin Archange Touadera (G) et son homologue soudanais Omar El Béchir (D)
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A la tête d’une importante délégation, le président Touadera a effectué a été reçu à Khartoum par Omar el-Bechir, le 11 décembre 2017. Même si la paix n’est pas encore au rendez-vous, le conflit sanglant au Darfour connaît une certaine accalmie. Omar el-Bechir annonce même une pacification dans ce territoire, grand comme la France et composé de trois États fédérés.

Du coup, la Minuad, opération hybride Onu/ Ua du maintien de la paix au Darfour, certes impactée par la diminution des contributions américaines, va perdre près de 30 % de ses effectifs. La baisse d’intensité d’un conflit, qui dure depuis 2005 permet d’envisager une telle éventualité avec sérénité. En effet l’apaisement au Darfour n’est pas sans conséquence positive pour la crise centrafricaine.

Razzias et saccages

Les Centrafricains n’ont pas oublié les razzias des milices arabes, notamment des Djanjanwid venant du Darfour. Ces hordes sanguinaires ont contribué au succès de la Seleka contre le régime de Bozizé. Les Banguissois ont encore en mémoire le fameux “général” Moussa Assimeh qui mit à sac la capitale en 2013.


Omar el-Bechir évoque désormais publiquement la paix dans les trois Etats fédérés du Darfour, ce qui peut expliquer son revirement vis-à-vis des Djanjanwid qui ne lui sont plus indispensables pour lutter contre les tribus darfouriennes rebelles. Il a même fait arrêter le chef historique Djanjanwid, Moussa Hilal, éphémère beau-père d’Idriss Deby Itno qui fut tour à tour son allié puis son ennemi.

Le rapprochement Bechir-Touadera

A la tête d’une importante délégation, le président Touadera a effectué sa deuxième visite de chef d’ Etat à Khartoum, le 11 décembre 2017. L’ancien Premier ministre de Bozizé (2008-2013) était déjà un visiteur régulier d’Omar el-Bechir, le proscrit. Cette dernière visite, consacrée à la coopération bilatérale, est loin d’être anodine.

L’apaisement du conflit au Darfour et la dégradation de la situation dans la Ouaka centrafricaine, notamment autour de Bambari, a encouragé les 1700 Soudanais réfugiés, depuis 2007, dans le camp de Pladama Ouaka à demander leur retour au Darfour. La même opération avait eu lieu en juin dernier pour les réfugiés soudanais au Tchad. De ce fait, le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU pourra davantage se consacrer aux déplacés centrafricains, nombreux dans la région, et les connexions avec certains seigneurs de la guerre de la région de Bambari seront mises à mal.

De même, les Forces de répression spéciales soudanaises vont être en mesure de mettre fin aux sanctuaires darfouriens des rebelles centrafricains et tchadiens et de s’attaquer aux trafics d’armes qui s’y étaient considérablement développés.

Vers une solution régionale

Avec cette visite à Khartoum, le président Touadera remet à l’ordre du jour l’Accord tripartite Centrafrique- Soudan-Tchad réaffirmé, à El Fasher au nord Darfour, en septembre 2016, par les trois chefs de l’Etat. Une Force régionale pourrait enfin contrôler cette région des trois frontières, source de la plupart des maux centrafricains. La prochaine militarisation des Forces armées centrafricaines, avec ou sans l’armement russe, permettra la participation centrafricaine qui faisait défaut jusqu’à présent. Bien plus que Sassou Nguesso, Paul Biya ou Joseph Kabila, Omar el-Bechir, trop longtemps ignoré, est au même titre qu’ Idriss Deby Itno, un interlocuteur essentiel pour trouver une sortie à la crise centrafricaine. L’Union africaine devrait en convaincre l’Onu et inciter au rapprochement de la Minusca en Centrafrique avec la Minuad au Darfour, dans laquelle elle est partie prenante.

Les solutions à la crise centrafricaine se trouvent plus à l’est qu’ à l’ouest.
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