Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Centrafrique : grogne au sein de l’armée, vers une crise généralisée?

Publié le vendredi 31 mars 2023  |  Corbeau News Centrafrique
Le
© Autre presse par DR
Le tout puissant général Ousta Ali, ancien chef d’état-major du FPRC, désarmé à Birao, rentre à Bangui pour devenir couturier
Comment


Alors que le nombre des soldats FACA tombés sur le champ de bataille dans les villes de provinces devient de plus en plus insupportable pour leurs collègues militaires, à Bangui, le Président de la République Faustin Archange Touadera, et son chef d’État-major, le général de corps d’armées Zéphirin Mamadou, continuent inlassablement d’user leurs pouvoir pour envoyer les membres de leurs familles dans des écoles des officiers à l’étranger, mais également donner des grades, à titre exceptionnel, chaque années, à d’autres qui restent au pays dans la capitale, Bangui, aux côtés de leurs femmes et enfants, au détriment de ceux des autres ethnies et ceux qui se battent et meurent aux fronts. Le récent cas en date est celui du décret confirmant et nommant à titre normal des officiers, des élèves officiers et des adjudants-chefs des forces armées centrafricaines formés dans des académies militaires à l’étranger pour l’année 2023. Or, parmi les récipiendaires, plus de 90% sont des parents au chef d’État-major et au Président de la République. Certains n’ont pas encore mis leur pied dans ces écoles. Ce qui a créé une forte grogne au sein de l’armée nationale.

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews-Centrafrique (CNC), le 29 mars 2023



Grogne au sein de l’armée, vers une crise généralisée ?


Décidemment, le Président de la République, un grand civil, Enseignant de son état, Faustin Archange Touadera, et son chef d’État-major, l’incompétent général de corps d’armée Zéphirin Mamadou, sont déterminés, avec leur famille, à détruire complètement les forces armées centrafricaines (FACA).

Alors que quelques jours après son élection à la magistrature suprême de l’État en 2016, le Professeur Faustin Archange Touadera avait déclaré avec tambour et trempette à plusieurs reprises dans les médias que son objectif prioritaire est de reformer l’armée nationale. Sept ans plus tard, c’est la déforme qui crée le désordre et le chaos total jusqu’à provoquer une forte grogne. Les détournements, le clanisme, le népotisme, le business sont devenus monnaie courante. Faute de punition, ces pratiques s’intensifient et deviennent la règle.


L’élément déclencheur de la grogne : un tableau d’avancement à titre normal

L’élément déclencheur de la grogne des sous-officiers, officiers, officiers généraux, le récent décret confirmant et nommant à titre normal (un TA en jargon militaire) des officiers, des élèves officiers et des adjudants-chefs des forces armées centrafricaines formés dans des académies militaires à l’étranger pour l’année 2023 qui a mis le feu aux poudres.

Pour plusieurs officiers et officiers généraux contactés par la Rédaction, c’est du népotisme aggravé pure et simple et sans précédent dans l’histoire de l’armée au monde.

Pour ces hauts gradés, un tableau d’avancement à titre normal ne doit pas seulement viser que quelques militaires parentés à ceux-ci ou parentés à ceux-là, NON. Il doit concerner tous les corps de l’armée et un millier des hommes sans exception des hommes du rang au officiers généraux, et c’est le port des galons qui est échelonné sur des trimestres.

« Touadera est un grand civil. Il ne connait rien du tout et voilà pourquoi Zéphirin Mamadou en a profité pour le manipuler et se faire avancer pour lui-même, colonel en 2019, deux ans plus tard, 2021, général de corps d’armée. Il fait de même pour ses parents à l’exemple d’un de ses frères cadets, parti à l’école des officiers en 2019. Trois ans plus tard, il devient commandant à la grande surprise de tout le monde. Pourtant, il n’en est pas habilité.

Comme si cela ne suffisait pas, deux autres viennent d’être promis à titre normal : Mamadou Jordy, matricule 2015-2-1016 et Mamadou Docketh Judith Flore, matricule 2009-2-1885 ».

Des parents à Touadera et Zéphirin Mamadou promus régulièrement

Pour un général à la retraite ayant pris connaissance de ce fameux tableau d’avancement, « il y’a eu dans le décret beaucoup des parentés à Touadera, sinon, les militaires de son ethnie et aussi à Mamadou le chef d’état-major.

Par exemple :

Seleson Moussa Mac Laurins, matricule 2018-2-1028 ;

Selekon Arnaud Paterne, matricule 2020 -2-1040;

Kourmoyo Anselme, matricule 2010-2-1058

Salaboy Archange Vivien, matricule 2000-1-1552;

Sana Yamissi Alfred, matricule 2000-1-1555;

Capita Roel Céleste, matricule 2018-2-1034 ;

Dolle-Leha Teba Randy Piterson, matricule 2012-10-1045,

MARANDJI NGALLA Emaus Redick, matricule 2020-2-1007;

MOKOFIO Benjamin, matricule 2019-10-8154.

Contacté par la Rédaction, un cadre du ministère de la Défense s’inquiète de ce qui se prévaut au sein de son ministère et de l’état-major. « Une mutinerie se prépare à l’horizon si l’on en croit aux différentes fiches de renseignements que nous recevons au cabinet » et d’ajouter :

« Des avancements en grade à titre exceptionnel réservés aux braves qui sont sur les différents fronts et qui remportés une bataille par exemple, sont devenus un moyen pour Zéphirin Mamadou et le président Touadera de faire avancer leurs parents amis et connaissance qui, pourtant, sont restés cloitrer dans Bangui. Et à chaque tableau d’avancement, ce sont les mêmes que Mamadou les fait avancer.Y’a de quoi à s’interroger. C’est de là que partira la raison de la mutinerie ».

Les textes de l’armée nationale ne sont plus appliqués

À travers leurs matricules, l’on peut remarquer aisément que toutes ces personnes ont été incorporées dans l’armée nationale en seulement moins de 5 ans. Alors que le texte de l’armée nationale est bien clair : Tous militaires qui sortent de l’académie militaire au grade de sous-lieutenant, pour passer au grade de lieutenant, il lui faudra 18 mois au minimum. Si le militaire est issu du rang, il lui faut 3 ans au minimum pour passer de sous-lieutenant à lieutenant.

Du grade de lieutenant pour devenir capitaine, il faut au minimum 5 ans à tous militaires de l’armée nationale. Malheureusement, avec le Président Touadera et son chef d’État-major Zéphirin Mamadou, ce texte militaire n’est plus applicable aux membres de leur famille « par ce qu’ils sont les fils du roi », ironise un colonel.

À chaque tableau d’avancement, ce sont les mêmes têtes qui avancent au grade au détriment de ceux qui sont sur le terrain en train de combattre les rebelles.
Commentaires