Un État sans armée, même soutenu par des forces conventionnelles étrangères, ne peut se dire un État souverain, à moins que son statut ne soit révisé sur le plan international. Ce qui n’effleure la pensée d’aucun centrafricain digne de ce nom, sinon celle de quelques nostalgiques des temps anciens, incapables d’efforts personnels, ou de quelques amateurs de fiction politique.
Aujourd’hui, il faut courageusement attaquer le problème de front, en faire notre priorité, tout en impliquant les FACA elles-mêmes à ces réflexions, en faisant appel à leur patriotisme et à leur orgueil du passé. Car notre armée hier, quoique peu nombreuse ou peu équipée, savait se faire respecter dans la sous-région par la bravoure de ses hommes, leur discipline et leur orgueil d’être les défenseurs du peuple, les derniers remparts.
D’autres avant nous n’avaient-ils pas déjà dit que « [i]Toutes les armées du monde seront toujours incapables de ramener la paix dans un pays où le peuple n’a pas d’autre ennemi que lui-même, et qu’il a décidé de se suicider ».
C’est pourquoi nous devons rester vigilants et réveiller notre conscience nationale. La prise de conscience et les efforts des fils du pays sont sans nul doute les moyens souhaitables et souhaités pour sortir la RCA de la crise actuelle.
Si la communauté internationale consent aujourd’hui d’importants financements pour l’entretien et le fonctionnement de nombreuses troupes de la MISCA, de la SANGARIS, de l’EUFOR et bientôt celles des Nations Unies – ce dont nous leur sommes particulièrement reconnaissants – elle peut tout aussi mettre dans ses priorités la réhabilitation des FACA.
Les exemples du RWANDA, du LIBERIA, de la SIEERA LEONE, de la République Démocratique du Congo (RDC) et d’autres sont là pour montrer que, quand elle en a la volonté et qu’elle y met les moyens, la communauté internationale peut aider efficacement un État à se redresser rapidement.
Dans notre cas, la restructuration des FACA, la formation des hommes et leur équipement sont des actions à valeur ajoutée que la communauté internationale maitrise et qui peuvent accélérer le retour de la sécurité, de la paix et la confiance entre tous les centrafricains, tout en restaurant la souveraineté de l’État dans tous ses attributs.
Jean Willybiro-Sako, Ancien Ministre d’Etat, Ancien Ambassadeur
Ancien Contrôleur General de la Police, Magistrat Hors Hiérarchie à la retraite