BANGUI — Mahamat Kodo Bani du Tchad, un ancien cadre de la Séléka, coalition qui a renversé le régime de François Bozizé en mars 2013 est cité dans le putsch manqué en Guinée Equatoriale. Information relayée après que le Tchad ait nié l‘implication de son pays dans la déstabilisation d’un Etat de la sous-région.
Décrit comme un personnage embarrassant, Mahamat Kodo Bani est un mercenaire connu pour avoir vendu ses services à beaucoup de groupes armés écumant le Darfour au Soudan, au Tchad et la Centrafrique.
De sources concordantes, ce dernier fiché comme membre de la garde présidentielle du président Idriss Deby Itno, ce qui a été démenti par le ministre des Affaires étrangères tchadiennes sur les ondes de la RFI la semaine dernière.
En 2008, Mahamat Kodo Bani rejoint la rébellion au Darfour et combat dans le rang de l’UFCD, l’Union des forces pour le changement et la démocratie, une force dissidente contre le régime du président Tchadien Idris Déby Itno. Il rejoint la nébuleuse Séléka, rébellion en Centrafrique depuis 2013 au sein de laquelle il a commis des crimes graves et est pointé du doigt par de nombreuses organisations des droits de l’homme. Mais avec la chute de Djotodia, ce dernier s’est éclipsé et a refait parler de lui lors de putsch manqué en Guinée Équatoriale en fin d’année 2017.
Des centrafricains sont-ils aussi impliqués dans ce coup d’Etat manqué ? Les autorités camerounaises ont affirmé avoir arrêté des Centrafricains, Camerounais et Équato-guinéens parmi ces mercenaires. Si le chef de la diplomatie tchadienne Mahamat Zene Cherif a bouté en touche l’implication réelle des tchadiens dans ce coup manqué, « si ceux que l’on appelle aujourd’hui des Tchadiens, puisqu’on dit que la plupart sont des tchadiens, il reste à savoir si réellement ils sont des tchadiens ou s’ils sont des ressortissants d’un pays détenteur de pièces d’identité tchadienne » avait-t-il rétorqué.
Des mercenaires centrafricains ? Voilà toute la question qu’on devrait se poser. Les hommes arrêtés sont recrutés par Mahamat Kodo Bani, le cerveau présumé de cette affaire et un ancien cadre de la Séléka. Ces personnes sont identifiées comme des ex-Séléka ; ses hommes de main.
Les gouvernements des pays auxquels leurs ressortissants ont été pointés du doigt dans cette vaste affaire de coup d’état manqué ont tous réagi et ont dépêché leur membre de gouvernement pour tirer cette affaire au clair, du côté centrafricain aucune réaction officielle n’est jusque-là enregistré et le ministre des Affaires n’est joignable.
Au plus fort de la crise, plusieurs personnes ont évoqué l’embrasement de la sous-région si rien n’est fait. Aujourd’hui, la Guinée équatoriale fait la triste expérience dans un contexte de montée du terrorisme en Afrique de l’Ouest.