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Centrafrique : Remaniement gouvernemental renvoyé aux calendes grec l’après dialogue inter centrafricain

Publié le mardi 3 juillet 2018  |  Lepotentiel Centrafricain
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© Autre presse par DR/MINUSCA
Le Chef de l`Etat rencontre les forces vives de la Nation
Le président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, a rappelé vendredi sa volonté de "dialoguer et ramener la paix", alors que des groupes armés menacent de marcher sur Bangui.
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C’est un ouf ! Pour tous ceux qui voyaient leurs postes et autres intérêts s’envoler avec le remaniement du Gouvernement Sarandji 2, ceux-ci peuvent dormir tranquille avec ce changement de cap qui leur est très favorable car les dernières indiscrétions du cercle fermé de Touadéra font état de ce que le remaniement gouvernemental n’interviendra qu’après la tenue du fameux dialogue tant attendu.

Or ce que l’on sait pour l’instant c’est que ce futur dialogue devient un véritable quotient à problème vu les voix discordantes qui s’élèvent dans les différentes composantes de la nation où il partie de la société civile et certains caciques du pouvoir s’opposent énergiquement à énième dialogue alors que d’autres entités à l’exemple des partis politiques de l’opposition sont partants pour le dialogue et exigent qu’ils soient conviés à part entière.

En effet, après la célébration très controversée de l’an 2, de folles rumeurs d’un imminent remaniement ministériel se répandent telle une traînée de poudre dans les milieux politiques. On s’y attendait même déjà de pieds fermes ce mercredi dans la soirée. Et, d’aucuns savent ce que représente les perspectives d’un remaniement en RCA qui s’accompagne toujours par un ralentissement des activités dans l’administration, messes de minuit, dans les chasses de sorcières, crocs-en-jambes etc.

Et ce n’est un secret pour personne de savoir que la rumeur ne date pas d’aujourd’hui. Elle fait même état de ce que la communauté internationale s’en est mêlée à un moment donné préconisant que ce changement attendu l’issue du dialogue inclusif évident sous l’égide du panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA). C’est de là que l’on s’interroge pour savoir si l’impatience de Touadéra aurait-il eu raison des conditionnalités de la communauté internationale ?

Cependant, la question essentielle aujourd’hui, est celle de l’ordre des priorités de ce pouvoir de Touadéra qui atterri toujours là où on ne l’attend pas. Ce président qui fête pendant que son peuple est en deuil continue de surprendre son monde en se préoccupant essentiellement de l’assise politique de son pouvoir pendant le pays ait encore au fond du précipice où il est tombé.

On ne comprendra jamais assez que dans le contexte qui est celui de la RCA aujourd’hui avec les massacres de populations marqués par les tueries aveugles des hommes d’église comme cela vient de se produire à Bambari qui se poursuivent, l’absence de l’Etat, le règne des groupes armés sur plus de la moitié du territoire national, la pauvreté généralisée qui assujettit les populations à une dépendance chronique vis-à-vis de l’assistance humanitaire et alimentaire extérieure .

Sur tout autre plan, on est en droit de se demander aussi à quand l’épouvantail d’un changement d’équipe gouvernementale est-il un mode de gestion des affaires de la cité. Pourtant, sur le plan de la gouvernance démocratique car, Touadéra est attendu sous forme de respect de la règle du jeu entre la majorité et l’opposition, la gestion concertée en période de crise, le respect des libertés politiques, l’accès aux médias d’Etat, le respect de l’impersonnalité de l’administration publique par la classe dirigeante.

Or, le constat est révoltant puisque toutes les solutions de sortie de crise destinées à Touadéra par les leaders des formations politiques légalement constitués en Centrafrique sont toujours demeurées lettres mortes. Il en est de même des organisations de la société civile dont les contributions sont paradoxalement combattues et leurs leaders considérés comme des ennemis de la République.

Il ne fait aucun doute qu’avec la tenue du prochain inter centrafricain, il va avoir un grand bouleversement dans l’appareil de l’Etat car chaque entité qui prendra part, n’acceptera pas de sortir perdant en commençant par les groupes armés qui ont d’ores et déjà placé la barre des revendications très haut.

Herman THEMONA,
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