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Lutte contre la covid-19 : quand les rumeurs tuent le port de masque en Centrafrique

Publié le jeudi 4 juin 2020  |  aBangui.com
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© Autre presse par DR
Lutte contre la covid-19 : quand les rumeurs tuent le port de masque en Centrafrique
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Aujourd’hui avec plus du millier de cas de contamination à la covid-19, le port de masque est vivement recommandé par le ministère de la Santé et de la Population. Mais, cette protection contre le coronavirus reste minimisé. La raison, beaucoup de Centrafricain nourrissent le soupçon selon lequel les masques importés contiennent des virus, et que les masques à fabrication locale coûtent cher.

Dans l’objectif de limiter la chaine de contamination ou de transmission de la pandémie, le gouvernement recommande, en effet, le port obligatoire des masques en plus des autres mesures barrières. Une décision prise depuis avril dernier par Dr Pierre Somsé, le ministre de la Santé. « Le port de masque chirurgical a pour but de réduire de façon significative le risque de transmission du coronavirus par la toux ou par la simple respiration ». Cependant, malgré l’insistance du ministre sur le bien-fondé du masque, cette mesure est encore loin d’être respectée.

Dans les lieux publics, les administrations, les bars, les places mortuaires, rares sont les Centrafricains qui arbore le masque. Pour certains réfractaires, c’est une affaire de patients et du personnel soignant. « Le masque sert à limiter la contamination par conséquent, cela doit être réservé aux patients et au personnel soignant. Je n’en porte pas, car je ne suis pas malade », pense Alicia, une jeune dame abordée à cet effet.

Au niveau local, il est envisagé, certes, la fabrication de masques. Mais, ces masques sont fabriqués à but lucratif. Le prix varie de 500 à 1500 f Cfa. Un motif pour bien de Centrafricains de ne pas s’en procurer. « Le gouvernement doit produire les masques en riposte à la maladie à coronavirus en vue d’une couverture générale. Il doit encourager les producteurs dans la fabrication de ces masques, et pourquoi pas procéder à une distribution gratuite », souhaite Max, un couturier.

Des masques sont pourtant importés des pays hautement touchés par la pandémie du virus notamment de la Chine et de l’Europe pour être distribués gratuitement. Mais, on note un refus délibéré des populations sous le prétexte que ces masques contiennent le virus de la covid-19. Ce refus est amplifié par des rumeurs en circulation sur les réseaux sociaux. Ainsi, Joseph refuse de porter les masques importés, qu’il considère comme « un cadeau empoisonné ». « L’Europe n’arrive pas à stopper ses mort et c’est la RCA qu’elle compte sauver. C’est un piège. Je n’accepterai jamais de porter ces masques pour me contaminer », dit-il.

Dans certains quartiers, les porteurs de masques sont stigmatisés et même indexés comme des « chiens » ou des « venus de Chine ».

Dieudonné, habite le quartier Yassimandji, dans le 5e arrondissement de Bangui. Il compte parmi les victimes de cette stigmatisation. « J’ai porté un masque pendant une veillée mortuaire. Je suis devenu la risée de tout le monde. Certains m’ont même qualifié de chien à cause de ce que j’ai au nez ».

Cette attitude réfractaire des Centrafricains à l’idée de porter un masque continue de se nourrir de ces théories de complot présentant tout ce qui vient d’ailleurs comme un moyen de distiller en Afrique la covid-19.

Une correspondance particulière de G.N
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