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Centrafrique : Des peuhls de la RD Congo arrivent à Zémio sur invitation d’Ali Darassa pour la mise en exécution de la création d’un Etat peuhl

Publié le mercredi 22 juillet 2020  |  Le Potentiel Centrafricain
Ali
© AFP par FLORENT VERGNES
Ali Darassa, ici au milieu de ses hommes le 16 mars 2019, est l`un des trois chefs rebelles à s`être vu nommer chef militaire spécial ce mardi 26 mars 2019.
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Les députés du Haut-Mbomou, plus particulièrement celui de Zémio, sont montés au créneau ces derniers jours pour dénoncer les agissements multiformes d’Ali Daras dans leur contrée. Assassinats de villageois à Mboki, importations de plus d’1 millier de peuhls tchadiens et soudanais chassés de la RD Congo qu’il a fait converger et installer à Zémio, font le lot des provocations de ce sanguinaire mercenaire en Centrafrique et plus précisément dans le Haut-Mbomou. Ceci au su et au vu du gouvernement, des Nations Unies et de la Communauté internationale.

L’expérience de Bozizé et la séléka n’a guère servi de leçon aux hautes autorités actuelles du pays. Les séléka entretemps, par voie de communiqué, faisait annoncer leurs intentions d’invasion de nouvelles zones et villes avant de le mettre à exécution. Profitant de l’inaction de riposte des autorités d’alors, la séléka a, peu à peu, marché sur Bangui pour finalement l’investir de force le 30 mars 2013, forçant Bozizé à quitter le pouvoir et aller en exil.

Ali Darassa et Abbas Sidiki pratiquent la même tactique pour imposer leur influence au pays et à ses dirigeants. Malgré leur signature de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en RCA (APPR-RCA), ils ne font qu’à leur tête et à contre-courant des clauses dudit accord sans qu’aucune action de riposte ne leur soit collée en terme de sanction, fusse qu’exemplaire.

Profitant du mutisme, peut-être complice, du gouvernement, de la Minusca, des garants et facilitateurs, ils poursuivent sans être inquiétés leurs razzias expansionnistes et le rackette des ressources minières du pays, source de l’argent qui fait le nerf de leur guerre au pays.

Comment peut-on laisser libres cours à des étrangers qui écument le pays ? Des gens qui disent œuvrer pour la protection d’une frange de la population, la population peuh en particulier, sans qu’il n’en est réellement le cas puisqu’ils prennent de force leurs bêtes qu’ils vendent ou leurs familles en otage pour des rançons?

On ne cessera point de le répéter. Ali Darassa, Abbas Sidiki, Alkatim et Abdoulaye Hissène n’ont aucune intention politique, celle qui ambitionne à conquérir le pouvoir. Donc leurs actions ne visent que les richesses du pays, richesses qui les a amenés à n’occuper que les zones à forte densité minière qu’ils exploitent pour s’enrichir. Un tel procédé n’est autre chose qu’une guerre d’usure ; celle que mènent actuellement ces aventuriers avec la bénédiction des Nations Unies et de la Communauté internationale qui observent sans véritable réaction pour en découdre de façon définitive avec ces sanguinaires.

Au moment où Sidiki tuent les soldats des Faca et de la Minusca dans le Nord-ouest du pays et qu’Ali Daras accroit l’effectif de ses combattants dans le Sud-est du pays en important des peuhls de la RD Congo, susceptibles d’être recrutés dans les rangs de ses éléments, le gouvernement et particulièrement la Minusca, les garants et les facilitateurs de l’accord du 6 février 2020 ne réagissent pas. Qu’est-ce dire une pareille attitude si ce n’est qu’une façon d’accepter et d’accompagner ces seigneurs de guerre dans leurs conspires ? Veut-on vraiment affirmer les dires de l’opposition politique qui qualifie l’état d’insécurité croissante en Centrafrique et surtout l’afflux d’étrangers peuhls dans le pays comme une stratégie électorale des tenants du pouvoir de Bangui ?

En tout cas, l’on a l’habitude de dire que « qui ne dit rien consent ». Nous dirons sans aucun risque de nous tromper que « qui ne fait rien consent » ; autrement dit l’inaction du gouvernement, des garants et facilitateurs de l’accord de Bangui est considérée par le peuple Centrafricain comme une volonté de saborder le pays en le laissant sous l’influence permanente d’Ali Daras, Abbas Sidiki et les autres vandales.

Le peuple voudrait bien des actions systématiques, énergiques de riposte aux agissements de ces mercenaires. Les tueries des populations à Mboki, l’invasion de la zone par les peuhls venus de la RD Congo sont autant d’actes alarmants et angoissants qui méritent une action d’envergure à la hauteur des gaffes commises.

Les Députés de la région, représentants légitimes des populations riveraines ne cessent de s’égosiller pour réclamer une intervention militaire afin de déloger ces lascars sans qu’une réaction ne suive dans le sens d’une action de riposte. Alors jusqu’à quand cette situation de léthargie nécrosée de volonté politique va-t-elle prendre fin afin que les cris des populations meurtries soient pris en comptes ?

La semaine dernière, le Premier Ministre, Firmin Ngrebada était en discussion par téléconférence avec l’adjoint au secrétaire général des Nations Unies en charge des opérations de maintien de la paix et le Secrétaire général de la CEEAC sur la situation sécuritaire en Centrafrique. Ces hauts responsables n’ont fait que reconnaître les faits tout en invitant à un dialogue qu’ils savent très bien impossible puisque, ce sont les mêmes chefs de groupes armés, interlocuteurs dans le dialogue souhaité pour la énième fois, qui foulent au sol l’APPR-CA qu’ils ont pourtant signé. Rien de concret pour neutraliser ces baroudeurs n’a été proposé ; une forme d’aveu de l’impuissance de ces instances internationales devant ces mercenaires.

Tout compte fait, le peuple Centrafricain en général, particulièrement les populations de Zémio et du Haut-Mbomou en général, ne veulent pas de la présence accrue de peuhls étrangers sur leur territoire. Si les populations et les autorités de la RD Congo les ont chassé de chez eux, c’est qu’il y a des raisons valables et fondées. Ali Darassa n’a pas les pouvoirs de les acceptés et de les installer en Centrafrique où ils n’ont aucunement droit de cité.

Le peuple attend impatiemment de voir ou d’entendre que ces indésirables peuhls ont été tout simplement éconduits du pays puisque, c’est le strict minimum de réaction qui puisse apaiser les esprits et les cœurs des Centrafricains qui en ont marre de ces funestes invasions.

@John Kpogbotchi
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