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Centrafrique : pourquoi le conseil de sécurité doit statuer sur le Rapport du Groupe des Experts de l’Onu sur les crimes commis par le Groupe Wagner et prendre des sanctions contre Touadéra et ses complices

Publié le mercredi 1 fevrier 2023  |  letsunami.net
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© Autre presse
Le conseil de sécurité de l`ONU
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Des experts indépendants mandatés par l’Organisation des Nations unies (Onu) ont appelé le mardi 31 janvier 2023 à une enquête indépendante sur de possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces gouvernementales et le groupe paramilitaire privé russe Wagner au Mali. Le pays d’Afrique de l’Ouest a engagé des mercenaires du groupe Wagner en 2021 pour l’aider face aux combattants liés à Al Qaïda et au groupe État islamique, qui mènent depuis dix ans une insurrection qui s’est étendue aux pays voisins.

« Depuis 2021, les experts ont reçu des récits persistants et alarmants d’exécutions horribles, de charniers, d’actes de torture, de viols et de violences sexuelles, de pillages, de détentions arbitraires et de disparitions forcées perpétrés par les forces armées maliennes et leurs alliés dans la région de Mopti et ailleurs, dans le contexte des hostilités en cours », peut-on lire dans un communiqué des experts. Le 31 août 2022, selon France 24, une opération de soldats maliens accompagnés de « personnel militaire étranger » a fait au moins 50 morts civils en avril, sur un total de 96 civils tués au cours du deuxième trimestre lors d’opérations de l’armée, a indiqué, mercredi, la mission de l’ONU. La mission de l’ONU pour la stabilisation au Mali (Minusma) a révélé, mercredi 31 août, qu’une opération conjointe de soldats maliens et de « personnel militaire étranger » a fait au moins 50 morts civils en avril – sur un total de 96 civils tués au cours du deuxième trimestre lors d’opérations de l’armée.

Le 19 avril à Hombori (centre du pays), après l’explosion d’un engin au passage d’un convoi des forces maliennes, celles-ci, accompagnées « de personnel militaire étranger, ont conduit une opération militaire de ratissage dans la localité au cours de laquelle au moins 50 civils (parmi lesquels une femme et un enfant) ont été tués et plus de 500 autres arrêtés », a indiqué la Minusma dans sa note confidentielle sur les violations des droits humains. La Minusma ne fournit aucune précision sur ces combattants étrangers. Plusieurs pays occidentaux accusent la junte au pouvoir à Bamako depuis 2020 de s’être adjoint les services de la société de sécurité russe Wagner aux agissements controversés. La junte dément et parle de la présence d’instructeurs de l’armée russe au nom d’une coopération militaire ancienne. Les précédents en Libye ou au Mozambique ont laissé des traces. En Centrafrique surtout, comme l’a rappelé ici à Dakar, la ministre des armées, Florence Parly : « Si la France et ses partenaires s’opposent à Wagner, c’est qu’ils ont vu en République centrafricaine leur potentiel déstabilisateur, les exactions contre les populations, la perte de souveraineté de l’Etat, la prédation des ressources, l’échec sur le plan opérationnel ».

Depuis que les Etats-Unis ont désigné le groupe paramilitaire russe Wagner comme une organisation criminelle internationale, dénonçant ses activités en Ukraine, cette entité est devenue l’ennemi public mondial N°1 et subit de vigoureuses sanctions. Après la France, l’Ue, et les Etats – Unis avec l’annonce d’une litanie de mesures visant ses principaux responsables et ses entreprises, c’est maintenant le tour des experts indépendants d’appeler à une enquête indépendante sur de possibles crimes de guerre et de crimes contre l’humanité perpétrés par les Fama et leurs supplétifs russes. Ainsi donc une lueur d’espoirs se point à l’horizon pour toutes les victimes de cette « organisation criminelle qui commet de vastes atrocités et abus de droits humains », selon la déclaration faite à la presse par le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

Dans leur Rapport adressé au conseil de sécurité, le 25 juin 2021, ces mêmes experts de l’Onu ont mentionné ce qui suit : « Des soldats des FACA et des instructeurs russes ont commis des violations du droit international humanitaire telles que le recours excessif à la force, des meurtres indiscriminés, l’occupation d’écoles et des pillages à grande échelle, visant notamment des organisations humanitaires ». Plusieurs mois plus tôt, dans leurs maintes publications, deux organes de presse écrite centrafricaine en ligne, à savoir Corbeau News de Centrafrique et Le Tsunami, n’ont cessé de rapporter des actes de graves atteintes aux droits humains commis par le Faca et leurs supplétifs russes. Du fait de ces révélations, l’accès à leur site est interdit en Centrafrique, le 6 février 2021, par une note du ministre des postes et télécommunications et de nouvelles technologies Zacko Gourna. Malheureusement pour le pouvoir de Bangui, ces révélations portant sur de possibles crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ont été confirmées par des enquêtes menées exclusivement par les grands médias internationaux, tels que Libération, RFI, et CNN avec l’Ong américaine « The Sentry ».

The Sentry est une équipe d’enquête qui traque l’argent sale lié à des criminels de guerre africains et des profiteurs de guerre transnationaux, et cherche à exclure du système financier international les personnes tirant profit de la violence. En perturbant les calculs coûts-avantages de ceux qui détournent les gouvernements pour s’auto-enrichir, nous cherchons à contrer les principaux moteurs de conflit et à créer un nouveau levier pour la paix, les droits de l’homme et la bonne gouvernance. Elle est composée d’enquêteurs financiers, d’avocats internationaux spécialisés dans les droits de l’homme et d’experts régionaux, ainsi que d’anciens représentants des forces de l’ordre, des agents du renseignement, des responsables politiques, des journalistes d’enquête et des professionnels du milieu bancaire.

Dans ses conclusions sur cette enquête, The Sentry a proposé au Groupe de travail des Nations Unies sur l’utilisation de mercenaires se servir de sa récente déclaration concernant les activités présumées du Groupe Wagner comme fondation pour lancer une enquête approfondie sur les allégations de violations graves des droits de l’homme et de crimes internationaux qui sont formulées par cette enquête. Le Groupe de travail devrait également convaincre l’UE, les USA et les autres gouvernements donateurs d’exhorter le gouvernement de la République centrafricaine à mettre fin à l’utilisation de mercenaires dans le conflit qui fait rage dans le pays.

Avec cette sortie médiatique des experts indépendants de l’Onu, le moment est venu pour que tous les partis politiques de l’opposition démocratique, regroupés au sein du BRDC, le Conseil de Résistance et de Transition « CRT », toutes les forces vives de la nation et à tous les journalistes indépendants, taisent enfin leurs discordances à jamais, harmonisent leurs positions et fédérent toutes leurs synergies afin d’interpeller, dans les meilleurs délais, le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres sur le Rapport des experts de l’Onu du 25 juin 2021 portant sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par les mercenaires du Groupe Wagner de connivence avec les Faca dans notre pays, d’une part, et de solliciter directement ou indirectement l’expertise de l’Ong américaine « The Sentry » et celle d’autres organisations internationales en charge de défense des droits de l’homme, d’autre part, pour obtenir leur départ de la République centrafricaine, l’arrestation de tous leurs complices, à savoir Touadéra, Ngrébada, Sarandji, Moloua, Bireau et Autres, sans préjudice de poursuites judiciaires à engager devant les instances internationales contre tous ceux qui ont représenté cette entité à divers postes de responsabilité et dans les fameuses sociétés – écrans en République centrafricaine.

Jean – Paul Naïba
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