Politique
Nairobi : le mariage contre nature de Djotodia et Bozizé
Publié le mercredi 4 fevrier 2015 | Les Plumes de RCA
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Aussi inattendu que cela puisse être, un vent d’incompréhension souffle en tourbillons et en rafales depuis quelques jours sur la Centrafrique. Les spécialistes de la prévision temps estiment que ce vent violent découle nécessairement des tintamarres qui bruissent sans répit autour du mariage contre nature de Djotodia et de Bozizé à Nairobi au Kenya. Sans doute, le dialogue de Nairobi a fait d’une part des heureux et d’autre part des mécontents. Ce qui revient à dire que l’application des résolutions du pourparler ou son irrespect constituerait inéluctablement un brandon de discorde dans tout le pays.
S’il est devenu bien triste commodité d’accuser à tout bout de champ la passivité de l’Union Africaine sur le dossier centrafricain, il n’en demeure pas moins que le président congolais ait dressé le lit du mariage contre nature entre Djotodia et Bozizé. En dépit de son rétropédalage décrié d’un côté par les partisans de Nairobi et apprécié de l’autre côté par les anti-Nairobi, le mariage des deux personnalités est désormais scellé. Quoique cette volte-face soit interprétée différemment, il serait judicieux de noter que la fusion de ces deux figures risquent d’impacter fortement sur le processus en cours. Déjà, l’on ne doit plus perdre de vue que Djotodia et Bozizé viennent de s’inscrire dans la liste des ressuscités politiques centrafricains.
Leur alliance pourrait constituer une tornade contre le pouvoir de Bangui, un chambardement contre les forces onusiennes stationnées au pays et une vengeance contre les gladiateurs des jeux du cirque démocratique qui les ont respectivement trahi. Il semblerait même que les deux parties se concertent régulièrement depuis que les rideaux sont tombés sur leur entretien de Nairobi. D’ores et déjà, Seleka et Anti balaka s’accordent sur le théâtre des opérations et publient même des Communiqués conjoints. Mais d’après un diplomate congolais, le médiateur voudrait rectifier le tir et des signaux forts devraient être envoyés dans les prochaines heures depuis Brazza afin de clarifier cette situation rocambolesque.
Puisque la paix n’a pas de prix, il serait souhaitable que tous les principaux acteurs arrêtent ça et là les menaces et s’impliquent davantage dans la recherche d’une solution apaisée. Peut-être qu’une paix inclusive permettrait aux mots de cautériser les maux qui gangrènent la société centrafricaine depuis de longues années.
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Chroniqueur, Polémiste

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